Le moindre coup d'œil prouve qu'il s'agit de la parabole du Bon Pasteur, gardant avec amour son troupeau. Le ciseau de l'artiste a finement fouillé la pierre et l'on contemple longtemps son œuvre avec plaisir.
La Grosse Horloge date de la fin du quatorzième siècle. Elle a conservé une cloche d'argent célèbre qui, chaque soir, tinte pendant un quart d'heure. Réminiscence poétique, dans une ville avant tout commerciale, «du bon vieux temps», où Guillaume-le-Conquérant édictait la loi du couvre-feu! Alors, dès que sonnait la cloche impérieuse, les bourgeois étaient tenus de rentrer chez eux et, bientôt, toute lueur devait disparaître des châssis, sertis en plomb, pratiqués dans la devanture des maisons.
La Tour Jeanne d'Arc porte, semble-t-il, un nom usurpé. La prison où la sublime héroïne fut jetée aurait, pour cause de ruine, été démolie sous le premier Empire. Qu'importe!
Si Jeanne passa seulement une heure dans le donjon conservé ou si elle y subit son abominable captivité, ces murailles n'en gardent pas moins une empreinte sacrée et nous l'inscrirons aux dernières lignes de la relation de notre séjour à Rouen, car elle ne saurait supporter aucun autre voisinage.... Elle doit rester en nos cœurs comme un gage de foi, comme un germe d'espoir bien cher au milieu de la nuit cruelle où parut sombrer l'avenir de la Patrie!...
Et, maintenant, arrêtons-nous devant ce qui subsiste de l'ancien Palais des ducs de Normandie, autrefois baigné par la Seine, dont il est maintenant séparé de toute la largeur d'une rue et d'un beau quai.
Les vieilles écuries, transformées en entrepôt de douane, la voûte, deux ou trois salles, le tout remarquable par l'épaisseur des murs et la solidité, la massivité des charpentes, occupent moins cependant que la Basse-Vieille-Tour, sous le gracieux baldaquin de laquelle on arrive par une double rampe de quelques marches. Là, au premier étage, le jour de l'Ascension, avait lieu, chaque année, la délivrance d'un condamné à mort. La cérémonie remontait à l'épiscopat même de saint Romain.
ROUEN.—EGLISE SAINT-OUEN