En 1691, étant parvenu à sortir, avec sept frégates seulement, du port de Dunkerque, sa ville bien-aimée, bloquée par les Anglais, il brûle quatre-vingts des navires employés au blocus, et pousse l'audace jusqu'à faire une descente en Angleterre!
Trois ans plus tard, il préservait encore Dunkerque de la famine en y conduisant une flotte chargée de grains. Vainement l'ennemi voulut-il s'opposer à sa marche puissante, Jean Bart, presque toujours, presque partout, était vainqueur. Infatigable, il se jouait des entreprises les plus périlleuses. De lui, on peut vraiment dire que son courage ne connaissait aucun obstacle.
ÉVASION DE JEAN BART
D'après une vieille gravure du Musée de la Marine à Paris.
La légende s'est emparée de plusieurs traits de sa vie.
Authentiques ou légèrement amplifiés ils n'en peignent pas moins, avec la verve qui convient, le caractère plein de franchise, l'esprit d'à-propos de l'héroïque capitaine.
On le voit, à bord d'un navire anglais, menacé, malgré la foi jurée, d'être retenu prisonnier. Jean Bart ne se trouble pas, il ne cherche pas, peine perdue, il le sait, à faire rougir son hôte d'une telle trahison, mais, bondissant vers un baril plein de poudre: