Arromanches, distant à peine d'une demi-lieue, en prend quelque jalousie. C'est à tort. Les bains de mer de ce petit port sont toujours fréquentés, et l'on y accourrait ne fût-ce que pour visiter ses belles falaises. Car le sol commence à changer de base; le roc dispute la place aux dunes de sable, et, tout à l'heure, nous allons voir un bien curieux spécimen de ces transformations.
Il se trouve en face de Longues, bourg visité par des familles désireuses d'échapper aux élégances des plages mondaines. On s'installe vite et l'on va faire un pèlerinage aux ruines de l'antique abbaye de Sainte-Marie, dont la fondation remonte à 1168. Les archéologues en font beaucoup d'éloges, mérités, du reste, par les beaux débris de la chapelle.
Arromanches.—La Plage.
Puis on visite des carrières de pierre de taille, de marbre.... et l'on arrive à une grotte toute couverte de congélations ou dépôts accumulés par les eaux, dans lesquels l'imagination peut voir mille figures bizarres. Enfin, l'on se prépare à saluer la Demoiselle de Fontenailles, reine de toute cette partie de la côte.
Il se dresse isolé, le superbe monolithe; ses flancs sont taillés comme en degrés, battu qu'il est sans relâche par le flot destructeur des falaises et des écueils voisins.
«Il existait, autrefois, trois roches à peu près semblables désignées sous le nom de Sœurs ou Demoiselles de Fontenailles. On ne sait à quelle époque s'est écroulée la première. La seconde existait encore en 1834; elle tomba peu de temps après, car une seule demoiselle figure sur un tableau de Gudin, composé en 1858 et conservé au musée de Caen. Les bases des deux roches, aujourd'hui détruites, sont encore visibles, à l'est et au nord-est de la roche actuelle, avec laquelle elles formaient un triangle.
La Demoiselle de Fontenailles.