Une rade de mille hectares d'étendue, un port admirable ont été créés à Cherbourg et forcent l'admiration des plus indifférents.
Toutefois, ces merveilles ne s'obtinrent pas sans traverses nouvelles (le port militaire date de 1803), et c'est, en réalité, presque de nos jours (1858) qu'elles ont été terminées.
Nous disons «terminées» quant à l'ensemble, car on comprend bien le soin, la vigilance dont restent l'objet ces travaux destinés à lutter contre le plus indomptable des ennemis, et l'on se souvient aussi que, tout dernièrement, on y a apporté de grandes améliorations.
Cherbourg.—Port de Commerce.
Rade et port n'existent que grâce à la digue, jetée artificielle de près de quatre mille mètres[50], établie en talus fortement incliné, sur une base de deux cents mètres de largeur, avec un sommet de soixante mètres.
[50] Trois mille sept cent quatre-vingts mètres.
Ce n'était pas assez. La jetée, proprement dite, de la digue ne dépasse point le niveau de la marée basse, et on devait modérer l'effet du flot venant, à marée haute, s'engouffrer dans la rade.
La muraille fut alors décidée. Elle forme la seconde partie de la construction maritime et s'élève, enracinée sur la partie supérieure de la jetée, à neuf mètres vingt-huit centimètres au-dessus de la basse mer. Un parapet de un mètre soixante-six centimètres de hauteur la termine.