Cela, personne ne le conteste; une chose dont on se préoccupe moins, c'est du rôle de nos marins dans la conservation et l'extension des colonies françaises.
Combien de fois avons-nous entendu critiquer ce rôle! Alors nous redisions avec reconnaissance les noms de tous ceux qui, sans se lasser jamais, travaillent à consolider, à étendre notre prospérité coloniale. Après la liste des explorateurs, il n'en est pas de plus longue et nous voudrions pouvoir la dresser complète. Elle serait instructive.
Mais cette joie nous étant refusée, nous ne prendrons que trois faits parmi ceux dont ces dernières années ont retenti:
A M. le contre-amiral Serres, l'honneur de nous avoir gardé Taïti malgré des obstacles nombreux.
A M. le commandant Rivière,[59] la gloire de n'avoir pas désespéré, à Hanoï, de la mère patrie, et d'avoir tenu hautement, fermement, son drapeau menacé.
[59] Au moment où allait paraître la première édition de ce livre, arrivait la cruelle nouvelle de la mort du commandant Rivière, l'intrépide défenseur d'Hanoï (Tonkin). La Société des Gens de lettres, dont il faisait partie, s'est honorée en ouvrant une souscription pour élever un monument au littérateur distingué, à l'héroïque marin.
A M. le lieutenant Savorgnan de Brazza, la gloire aussi, gloire incontestable, d'accomplir des conquêtes pacifiques, de faire aimer le nom français, de faire désirer la protection de la France.
Ainsi, partout, l'action de notre marine militaire se manifeste, bienfaisante, à nos intérêts mieux compris.