Carteret en fait foi. Ne se souciât-on pas de son commerce, que l'on s'y arrêterait bien volontiers pour parcourir ses falaises aux aspects imprévus, et son château.
Une famille seigneuriale porta le nom de Carteret et posséda des fiefs dans l'île de Jersey. Une branche de cette famille adopta la nationalité anglaise et l'un de ses membres, Georges de Carteret, avait, en 1651, le gouvernement du château Elisabeth, la dernière des forteresses de l'île qui se soumit à Cromwell. Deux fois, le gouverneur y donna asile à Charles II, fugitif.
En reconnaissance de l'hospitalité reçue, le monarque offrit au Bailli et aux Jurés de Jersey une superbe Masse en argent, portant, gravée, l'attestation de son séjour. La Masse paraît dans toutes les cérémonies de la Cour de Justice.
On retrouve, ainsi, une foule de traits qui témoignent de l'antique union de l'île avec la France, et des relations constantes qu'elle y entretient.
Iles Chausey.
Port-Bail, comme Carteret, fait partie du canton de Barneville, mais il est en train de devenir plus important que son chef-lieu. Ses industrieux pêcheurs et ses hardis caboteurs ne se laissent rebuter par aucune difficulté. Leur énergie se traduit en prospérité pour le pays, prospérité qui ne saurait manquer de suivre une période ascendante.
Tout en continuant de nous plier aux dentelures du rivage, nous ne pouvons nous empêcher de faire un retour vers une époque lointaine de notre histoire nationale. Philippe Auguste venait de reconquérir la Normandie sur Jean Sans Terre.... Il n'avait qu'à étendre la main pour réunir à sa couronne les îles voisines: Aurigny, Guernesey, Jersey, Serk, Herm, en un mot l'archipel normand: cela n'eut pas lieu.
Oubli, négligence ou hésitation, le résultat n'en fut pas moins malheureux. Ces îles, évidemment, sont des parties détachées du Cotentin....