Il limite, ici, la frontière bretonne, et un vieux proverbe accuse le Couësnon d'avoir fait trop belle la part de la Normandie.
Un jour Coësnon,
En sa folie,
A mis le Mont
En Normandie.
Peut-être ce proverbe a-t-il raison. Le petit fleuve qui vient se perdre dans les sables de la baie du Mont Saint-Michel, a eu, jusque de nos jours, une renommée bien justifiée de caprice. Tantôt il était un faible ruisseau, tantôt un torrent coulant entre des rives mobiles qu'il refoulait ou acceptait, parfois, d'un jour à l'autre. Les vieilles chroniques sont remplies de détails à ce sujet, et, maintes fois, ce fut le prétexte de querelles entre les ducs normands et les ducs bretons.
Aujourd'hui, le Couësnon a été endigué et son cours régularisé, il ne pourrait plus favoriser un département au grand dommage de l'autre.... en admettant qu'il l'ait jamais fait.
Le premier château-fort construit à Pontorson date du règne de Robert, père de Guillaume le Conquérant; le duc voulait se garder du côté de la Bretagne.
Cette forteresse fut rebâtie en 1135 et en 1171; elle passa, plus tard, sous le commandement de du Guesclin, que Charles V avait voulu récompenser de ses services. Le roi opposait ainsi un fort boulevard aux incursions anglaises.
Quatre faits historiques se dégagent des annales de la ville.
Bertrand du Guesclin et Olivier de Clisson se donnèrent, un jour, rendez-vous sur le pont de la petite cité. Ils voulaient se jurer solennellement une confraternité d'armes que tous deux désiraient et qu'ils tinrent fidèlement. On sait qu'après la mort du connétable, ce fut son ami Clisson que le roi appela à le remplacer.
Le second fait garde la mémoire de l'héroïsme de Julienne du Guesclin, sœur de l'immortel guerrier.
Une nuit, les Anglais, sachant que leur ennemi était absent de Pontorson, vinrent assiéger le château, s'en fiant, pour réussir, à des intelligences qu'ils avaient su se ménager dans la place.