Si, de l'église souterraine, on veut se rendre au logis abbatial, il faut franchir un pont fortifié, encore pourvu de ses mâchicoulis.
De même, on pourrait aussi passer, après une longue ascension, des ténèbres de cette église aux rayonnements du clocher le plus élevé: des degrés ayant été ménagés dans l'épaisseur de l'un des contreforts méridionaux, degrés qui, après avoir conduit dans l'église supérieure, se continuent au-dessus des chapelles et aboutissent à l'escalier de dentelle....
Salle des chevaliers.
Nous retrouverons bientôt ce fragile escalier, car nous le suivrons pour aller embrasser du regard le panorama du Mont et de ses abords.
L'abbaye dut beaucoup à Robert de Torigni qui, dans son gouvernement de trente-deux années (1154 à 1186), s'occupa sans relâche d'entretenir les constructions, d'y en ajouter de nouvelles et d'augmenter la valeur de la bibliothèque, dernière sollicitude souvent imitée, l'abbaye devant, plus tard, mériter le surnom glorieux de Cité des Livres.
Lorsque Philippe Auguste voulut relever le monastère des ruines causées par Guy de Thouars, il trouva dans l'abbé Jourdain un zélé et ardent collaborateur. C'est de 1203 à 1228[76] que s'élevèrent les constructions du nord, si justement appelées la Merveille.
[76] M. Corroyer établit très nettement cette date jusqu'à lui controversée.
Elles se composent de plusieurs étages: au rez-de-chaussée, ou étage inférieur, se trouvent l'aumônerie, ou salle des aumônes, et le cellier, immense salle de 70 mètres de longueur sur 12 de largeur, qui portent toutes deux le nom de Montgommery ou Montgommeries; ce nom rappelle la tentative malheureuse du fameux partisan huguenot qui, en 1591, espérait enlever la place par surprise.