[4] Son château fut bâti par Philippe Hurepel; son vieux beffroi médiéval et sa splendide cathédrale élevée par Mgr Haffreingue attirent l'admiration.
Quand le temps est propice, les blanches falaises qui ont donné leur nom à l'Angleterre[5] deviennent visibles, et l'on découvre aussi une grande partie du Pas-de-Calais. Les campagnes voisines de la colline sont fraîches et fertiles. La Liane, très large, anime le paysage et, à lui seul, le port, toujours rempli d'une multitude de navires à voiles et à vapeur, devient un tableau mouvant de l'aspect le plus pittoresque.
[5] Les poètes appellent encore l'Angleterre de son ancien nom: Albion, qui vient de la langue celtique: alb ou alp. Ce nom s'explique par l'escarpement des falaises sud-ouest du pays, ou encore, par leur blancheur, car la craie les compose pour la plus grande partie.
La basse ville prend chaque jour une importance nouvelle. Bien construite, elle annonce la richesse, et son apparence n'est point trompeuse.
Boulogne est redevenue, en quelque sorte une cité anglaise. La beauté de ses campagnes, sa magnifique situation, sa proximité avec Folkestone, qui rend le passage en Grande-Bretagne très fréquenté, la facilité des transports pour la France et l'Europe entière, tout se réunit en faveur de cette jolie ville.
Aussi, les Anglais, personnages sachant admirablement raisonner et concilier leurs plaisirs avec leurs affaires, ont-ils adopté Boulogne. Plus d'un quart de la population est d'origine anglaise, sans compter, bien entendu, la population flottante qui, pendant la saison des bains de mer, devient très nombreuse, encombrant le magnifique établissement, où toutes les élégances de la vie moderne ont été réunies.
Boulogne, pour le mouvement général du commerce de la France, occupe une des premières places et procure au Trésor des droits considérables. En dehors de la florissante industrie des paquebots à voyageurs, entre l'Angleterre et notre pays, la ville s'intéresse, dans une large proportion, à la pêche de la morue, du hareng, ainsi qu'à la pêche côtière. Du reste, pour ces dernières industries, elle tient le premier rang.
Le port a été très amélioré; de grands travaux en ont diminué la difficulté d'accès et rendu ainsi la vie au commerce; car, il y a un siècle, les sables menacèrent d'anéantir le chenal et, seuls, les tout petits bâtiments pouvaient trouver fond sur la rade à demi comblée.