En 1544, une grande calamité fondit sur Boulogne. Henri VIII, roi d'Angleterre, s'en empara à la suite d'un siège des plus meurtriers. Six ans après, le roi de France, Henri II, la rachetait pour une somme de quatre cent mille écus.


Chaque fois que notre pays a été obligé de déclarer la guerre, on a vu les habitants de Boulogne se dévouer avec ardeur au triomphe de nos armes. Ses marins ont conquis un renom d'intrépidité bien justifié par tous les exploits qu'ils accomplirent.


Un fait historique moderne attira, pour quelque temps, sur Boulogne les regards de l'Europe entière. La lutte séculaire de l'Angleterre et de la France sembla sur le point d'être terminée, en notre faveur, par un effort gigantesque.


Bonaparte ne trouvait plus que le titre de Consul répondît à sa puissance ni à la place qu'il se croyait appelé à prendre dans le monde.

Toutefois, par un reste de prudence, il jugea utile de frapper un grand coup sur l'imagination française et, des plans divers qui pouvaient répondre à ses pensées secrètes, nul ne sembla devoir mieux réussir que celui dont le but aurait cette double portée: exalter l'amour-propre du peuple en satisfaisant son patriotisme.

C'était, également, mener de front les combinaisons du diplomate et celles du général, toujours en quête de victoires nouvelles.

Chez le futur souverain, l'exécution d'un plan suivait rapidement son cours. Des ordres furent donnés et, bientôt, l'Europe entière apprit avec crainte le danger qui menaçait la Grande-Bretagne, son alliée naturelle contre l'ambitieux soldat de fortune.