Cette situation a appelé, depuis longtemps, l'attention de l'État, qui reconnut la nécessité de la plantation de végétaux spéciaux pouvant amener l'immobilisation des dunes.
«Les premières tentatives faites à cet effet remontent à près de trois siècles. Elles eurent lieu dans la baie de Canche, pour préserver Étaples d'un engloutissement imminent. On se servit, pour fixer les dunes, de la plante appelée oyat (Arundo arenaria), qui rayonne partout avec ses longues racines, et prépare admirablement le terrain sablonneux à recevoir le semis des arbres destinés au boisement.
«Des lettres-patentes de 1608 ordonnent, sous Henri IV, de planter des hoyards pour arrêter l'invasion des sables sur les côtes de France.
«Depuis cette époque, plusieurs titres constatent les mêmes préoccupations et ordonnent, encore, diverses mesures de précaution à prendre.
«Enfin, de nos jours, quelques propriétaires intelligents se sont livrés, en grand, à la fixation des sables par le boisement et ont obtenu d'excellents résultats, en fertilisant des dunes stériles et en abritant ainsi les cultures voisines contre les sables mouvants.
«C'est ce que le célèbre ingénieur Brémontier a fait jadis pour la côte de Gascogne.»
Par tous les moyens possibles, ces travaux si utiles sont encouragés. L'État, non seulement y pousse les propriétaires de dunes, mais il leur fournit souvent les graines nécessaires aux semis. Les conseils généraux votent des subventions, distribuent des récompenses.
La question en vaut la peine quand on songe que, dans le Pas-de-Calais seul, plus de dix mille hectares de dunes constituaient une ceinture sablonneuse, n'ayant pas moins de six kilomètres de largeur! Ceinture toute prête à envahir, sous l'influence des ouragans, les campagnes voisines.
Il est donc grandement désirable que toutes les communes riveraines des plages de sable ne se lassent point de lutter contre l'ennemi dont elles sont menacées.