Son château, bâti par les conquérants, eut le triste honneur de recevoir, en 1431, Jeanne d'Arc prisonnière. La pauvre héroïne, coupable d'avoir délivré sa patrie, ne devait quitter ce cachot que pour aller expier, sur le bûcher élevé à Rouen, son indomptable fidélité à sa mission divine.
Quarante ans après ce funeste événement, le 3 octobre 1471, Louis XI et Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, signaient, au Crotoy, un traité de paix.
La ville actuelle et un banc de galets, appelé le Barre-Mer, recouvrent deux anciennes villes devenues la proie des sables.
Quoique l'on ait construit, au Crotoy, un immense bassin de retenue, afin de balayer les passes conduisant à la pleine mer, les savants regrettent de ne pas voir concentrer sur ce petit port, bien abrité du vent du large, les travaux exécutés à Saint-Valery, dont le chenal reste beaucoup plus difficile et expose les bâtiments à croiser longtemps devant lui.
Ainsi que le fait remarquer M. Élisée Reclus, la construction du viaduc, établi pour relier Saint-Valery à la rive droite de la Somme, hâte encore la formation d'îlots sablonneux qui, dans un laps de temps très court, se relient au continent, troublent le régime du fleuve et menacent de l'encombrer d'une manière désastreuse pour la navigation.
Port à l'embouchure de la Somme.
Mais on ne se lasse pas d'opposer tous les moyens possibles à cet état de choses, et, il faut l'espérer, le moment n'est plus éloigné où l'on pourra considérer comme vraiment vaincus tant de formidables obstacles.