Tout ce peuple essentiellement maritime, habitué à braver en face les dangers les plus redoutables, se montre à la fois grave et exubérant d'allures, ardent ou froidement résolu. Il ne se plaint pas trop. Si seulement, pourtant, on pouvait avoir plus promptement raison des sables!
Le poisson qui se joue sur ces fonds est excellent, oui; mais les barques labourent, par malheur, bien souvent, de leur quille, ces bancs dont les marées déplacent le sommet.
C'est un danger de chaque heure, une cause toujours renouvelée de craintes vives pour la bonne tenue des filets ou la capture de leurs produits.
Sur le point culminant de la côte, s'élève l'église dédiée à Saint-Valery.
Du plateau qu'elle domine, les yeux jouissent d'un admirable horizon s'étendant, à la fois, sur la Manche, sur la baie de la Somme et sur des campagnes, ou fertiles ou arides, selon que le regard se porte soit vers le cours du fleuve, soit vers le rivage parsemé de dunes.
On comprend mieux la valeur de la situation de la ville et l'acharnement avec lequel elle fut souvent disputée.
Même sur cette côte maintes fois ravagée, Saint-Valery peut revendiquer une place particulière dans le martyrologe des cités.