Quittons la falaise et la ville haute, traversons, de nouveau, le quartier des pêcheurs, la ville basse, où chaque maison, pour ainsi dire, se rattache par une industrie quelconque aux approvisionnements maritimes. Cordages, engins de pêche, toiles goudronnées, mâts, ancres côtoient les tonnes de viandes salées, de biscuit, de gourganes (fèves sèches), de sel....

On finit par se croire un peu marin en circulant au milieu d'objets qui, tous, se rapportent à la marine, et l'on respire avec une joie nouvelle l'air fortifiant envoyé par le flot.

Intérieur d'une boutique d'approvisionnement maritime.


[CHAPITRE IX]

ABBEVILLE

Nous devrions, à présent, mettre le cap sur Cayeux, c'est-à-dire prendre la route de ce village; mais il semble impossible de ne point aller passer quelques heures à Abbeville.

Une objection peut être faite. Abbeville est, de vingt kilomètres, plus avancée dans les terres que Saint-Valery. Toutefois, comment oublier le second port du département? La Somme, canalisée, permettant à des navires de plus de trois cents tonneaux de s'amarrer devant ses quais.