L'une d'entre elles, située rue de la Tannerie, et appelée maison de François Ier, se distingue par de ravissantes, sculptures. Le logis Sélincourt, place Saint-Pierre, est encore très remarquable, et plus d'une partie des bâtiments de la prison datent du château féodal des comtes de Ponthieu.

Car Abbeville était la capitale de tout le pays s'étendant entre les bouches de la Somme et l'estuaire de la Canche. Un petit fief, le Wimeux, y fut réuni et, dès, le dixième siècle, une famille seigneuriale prenait le titre de comtes de Ponthieu. Les alliances de cette maison la rapprochèrent des couronnes de France, de Castille et d'Angleterre. Mais disons à son honneur qu'elle resta ou, du moins, que ses vassaux restèrent surtout français.


Les historiens ont sauvé de l'oubli le nom du grand patriote d'Abbeville, Ringois, qui, sommé d'avoir à choisir entre la mort ou une soumission au roi d'Angleterre Édouard III, n'hésita pas à sacrifier sa vie. Loin d'être touché par un si noble héroïsme, le vainqueur, abusant lâchement de son pouvoir, fit précipiter le prisonnier du haut des tours dans les fossés du château de Douvres.

Abbeville n'en sut pas moins défendre avec énergie les droits de la France contre l'envahisseur.


Les souvenirs historiques se présentent en foule pendant un séjour dans cette ville.

Le plus lointain ou, du moins, celui qui sort de l'incertitude de traditions obscures, remonte à Charlemagne. Le sage empereur, comprenant la nécessité de fortifier tous les points qui pouvaient ouvrir aux barbares ravageurs du Nord la route de l'intérieur du royaume, entoura Abbeville d'épaisses murailles.

Deux siècles durent s'écouler avant que le système de défense pût être achevé par Hugues Capet.