[CHAPITRE X]
LA POINTE DU HOURDEL.—CAYEUX.—AULT.—MERS.—LA BRESLE
L'entrée de la Somme est bornée, sur la rive droite, par la pointe Saint-Quentin; sur la rive gauche, par la pointe du Hourdel.
Toutes deux marquent, en quelque sorte, d'un trait caractéristique, le changement subi par le sol du rivage.
Les chaînes de dunes du Boulonnais vont disparaître, pour faire place aux falaises crayeuses de la Normandie qui, elles-mêmes, violemment écartées sous l'action incessante de petits fleuves, se creuseront en ports sûrs et profonds, faciles à améliorer.
Le bourg du Hourdel offrant un point plus commode à aborder en tout temps que Saint-Valery, on y a créé un havre de refuge pour les navires forcés de reculer, lorsque les vents sont contraires, devant l'embouchure sablonneuse de la Somme.
De la lanterne du phare, on découvre entièrement cette vaste baie, dont l'importance est si grande, qu'il faut souhaiter voir l'art de nos ingénieurs y accomplir des miracles en maîtrisant ou détruisant les dépôts laissés par les courants.
Cayeux, proche voisin du Hourdel, est une preuve trop frappante de l'action funeste des sables. La campagne y semble irrémédiablement stérilisée. En vain on a essayé, depuis quelques années, de combattre, par des plantations de pins maritimes, le recul de la dune. Cayeux n'est point encore soustrait à la possibilité d'une catastrophe finale. Bon nombre de ses maisons, en paille et argile, dépassent à peine la ligne élevée des tertres mouvants!