AVANT-PROPOS
«Périsse la Belgique plutôt que l'honneur!»
Le Roi ALBERT à son Armée,
(1er septembre 1914).
«La Belgique est punie comme jamais peuple ne le fut, pour avoir fait son devoir comme jamais peuple ne le fit.»
Maurice MAETERLINCK.
Il n'est pas, dans l'histoire de la royauté, un geste comparable à celui d'Albert Ier résistant de toute la hauteur de son courage et de sa loyauté à la honteuse violation de son royaume par les armées allemandes; il n'est pas dans l'histoire de l'humanité un mouvement plus héroïque que celui du peuple belge se groupant autour de son souverain, pour défendre au prix de son sang, au prix de son existence, le droit des nations à la liberté et à la vie. Et cela sans songer même aux prochaines représailles du vainqueur—du vainqueur d'un jour—et sans se soucier de la stupeur décourageante des états neutres qui, dans leur impardonnable oubli des conventions internationales, code sacré aujourd'hui détruit, se regardaient en tremblant, le doigt sur les lèvres.
Le souvenir exemplaire de ce geste souverain et de cet élan national, confondus dans le plus douloureux et le plus absolu des sacrifices, traversera désormais les siècles avec une sorte de rayonnement légendaire amplifié de jour en jour par la pieuse admiration des hommes.