Note 10: Suite.—Voy. page [193].[Retour au texte principal.]
Note 11: On appelle Chouas tous les Arabes fixés dans le pays et compris dans le chiffre de la population. Divisés par clans nombreux, ils sont deux cent cinquante mille dans le Bornou, et peuvent fournir vingt mille hommes de cavalerie. Agriculteurs une partie de l'année, la plupart ont des villages qu'ils habitent pendant la saison des pluies et du travail agricole. Nomades le reste du temps, ils errent avec leurs troupeaux.[Retour au texte principal.]
Note 12: Fruit du bassia parkii; le toso se compose presque entièrement d'un noyau de la couleur et du volume de la châtaigne, entouré d'une pulpe très-mince, revêtue d'une peau verte. Il est fort commun dans ces parages; les naturels préparent avec l'amande du noyau une grande quantité de beurre qui leur sert à la fois pour la cuisine et comme médicament.[Retour au texte principal.]
Note 13: Yola, capitale de l'Adamaoua ou Adamova, est située à quatre degrés au sud de Kouka, sur le Faro, affluent du Bénoué, qui lui-même tombe dans le Niger, à quelques journées seulement de l'embouchure de ce fleuve immense.—Le Bénoué, grossi du Faro, est navigable, pour de grandes embarcations, jusqu'au centre de l'Adamaoua, et fournirait le moyen de pénétrer, par le sud, au cœur de l'Afrique; d'où l'importance de l'exploration que le docteur voulait faire de cette province.
La ville de Yola, nouvellement construite par les Foullanes, dans une plaine marécageuse, n'a pas moins de trois milles de l'est à l'ouest; mais chaque hutte est placée au milieu d'une vaste cour, parfois d'un champ de sorgho, et malgré son étendue, elle compte à peine douze mille habitants. Pas d'industrie; l'esclavage sur une échelle immense; il est des propriétaires dont les esclaves en chef ont sous leurs ordres jusqu'à un millier d'hommes. On dit que le gouverneur reçoit par an un tribut de cinq mille esclaves, outre le bétail et les chevaux qu'il prélève.[Retour au texte principal.]
Note 14: Le Fombina, que les Foullanes appellent Adamaoua, en l'honneur d'Adama, père du gouverneur actuel, s'étend du sud-ouest au nord-est, sur un espace d'environ deux cents milles sur quatre-vingts. C'est assurément l'une des plus belles provinces de la Nigritie: rivières nombreuses, vallées fécondes, montagnes peu élevées, gras pâturages, végétation luxuriante, papayer, sterculier, pandanus, baobab, hyphéné, bombax, élaïs et bananiers; beaucoup d'éléphants gris, noirs et jaunes; le rhinocéros dans la partie orientale, le lamentin dans le Bénoué, le bœuf sauvage très-commun dans la région de l'est; et parmi les animaux domestiques fort nombreux, une variété indigène de bêtes bovines, petite espèce d'un mètre de haut, et de couleur grise, totalement différente de celle que les Foullanes ont introduite dans le pays.[Retour au texte principal.]
Note 15: Le Kanem, gouverné depuis le commencement du neuvième siècle par les Séfouas, dont la dynastie occupa le trône du Bornou jusqu'en 1835, s'étendait, au commencement du treizième siècle, depuis les bords du Nil jusqu'aux territoires de Borgou et d'Yorouba; au sud jusqu'à Mabina, au nord sur la totalité du Fezzan. Cet état de prospérité dura plus de cent ans; mais à la fin du quatorzième siècle la guerre civile éclata, les Séfouas furent chassés de la capitale et allèrent s'établir dans le Bornou, qui, dès les premières années du seizième siècle, reprit le Kanem et le subjugua d'une manière définitive. Depuis lors, s'affaiblissant par la lutte privée de ses habitants contre le Bornou, pillé par les Touaregs, disputé à ses maîtres par le Ouaday, qui en possède aujourd'hui la partie orientale, le Kanem est l'une des régions les plus dévastées du Soudan.[Retour au texte principal.]
Note 16: Le Baghirmi est un plateau légèrement incliné vers le nord, et situé à trois cents mètres au-dessus de la mer. Son étendue est actuellement de deux cent quarante milles du nord au sud, et de cent cinquante de large. On y trouve, seulement dans la partie septentrionale, quelques montagnes détachées, qui séparent les deux bassins du Fittri et du Tchad. Le sol, silico-calcaire, produit du sorgho, du millet, qui forment la principale nourriture des Soudaniens; du sésame, du poa, dont se nourrissent une grande partie des habitants; une énorme quantité de riz sauvage; des haricots, du corchorus olitorius, des melons d'eau, du coton, de l'indigo. On n'y cultive de blé que dans l'intérieur de Maséna, et pour l'usage particulier du sultan. La population de Baghirmi, proprement dit, n'excède pas quinze cent mille âmes. Le tribut est payé, par les musulmans, en grain, en bandes étroites de calicot et en beurre; par les païens, en esclaves. La lance et une espèce de serpe constituent les seules armes du pays; pas de flèches, pas de boucliers, à peine quelques armes à feu.—Monarchie entièrement absolue, étiquette sévère; les Baghirmayés ne peuvent approcher du souverain, appelé banga, qu'en se découvrant l'épaule gauche et en se saupoudrant la tête de poussière; mais ils jouissent d'une liberté de parole beaucoup plus grande que celle qui est accordée à une foule de citoyens de l'Europe.[Retour au texte principal.]
Note 17: Suite et fin.—Voy. [pages 193] et [209].[Retour au texte principal.]
Note 18: Les Foullanes, qui, suivant le peuple qui les désigne, portent les noms de Félans, Foulbé, Fellata, ou Foulhas, composent une famille humaine d'un brun rouge, et la plus intelligente des tribus africaines. L'Orient a dû être leur berceau, mais les premiers chroniqueurs les trouvèrent établis près de la côte occidentale. Depuis cette époque, ils n'ont cessé de rétrograder vers le centre, où leurs progrès sont de plus en plus rapides. Ce fut d'abord une émigration de pasteurs, puis des établissements isolés, des villages sans lien politique et sans pouvoir, malgré la décadence des empires où ils étaient placés. Il en était ainsi depuis quatre siècles, quand, en 1802, le chef des Gober ayant réprimandé les Foullanes, au sujet de leurs prétentions naissantes, le cheik Othman dan Fodiyo, irrité de l'insolence du chef païen, souleva ses compatriotes, leur insuffla son fanatisme, et, en dépit de ses premières défaites, jeta les fondements d'un vaste empire. Son fils, Mohammed Bello, non moins distingué par son amour de la science que par son courage et ses qualités d'homme de guerre, consolida les conquêtes d'Othman; et, malgré la faiblesse d'Aliyou, qui n'a de Mohammed que la bienveillance et les bonnes intentions, l'État féodal des Foullanes comprend toujours un espace de dix-huit cents kilomètres de longueur sur six cents kilomètres de large. Il est vrai que la révolte est partout, et que les grands vassaux, non moins que les indigènes, semblent à la veille de se partager l'empire.[Retour au texte principal.]