Les tsaubouas de toutes ces petites principautés, même quand ils sont dans la dépendance la plus absolue de la Birmanie, tranchent de la royauté; ils épousent leurs demi-sœurs, ils ont, comme le Phra d'Ava, leur Einshe-men, leurs Atwen-woons, Thandaut-ens, Nakhan-gyis, etc. Leurs palais ont le triple toit, le htee sacré et le parasol blanc; en un mot, tous les insignes de la royauté.
Le pouvoir que les Birmans exercent sur ces principicules est en raison de la distance; les plus voisins du centre du royaume sont tyranniquement opprimés; les tributs qu'envoie le Kiang-hung, situé sur les frontières de Chine, est une simple affaire de forme. Les contingents que tous ces tributaires réunis doivent aux Birmans en temps de guerre, peuvent s'élever à vingt mille hommes.
Il est à remarquer que tous les voyageurs s'accordent à mentionner quel sentiment amer tous les Shans tributaires nourrissent contre les Birmans, et à signaler les éloges exagérés qu'ils donnent à la justice, à la modération et à la bonne foi des Chinois.
Ne pourrait-on pas appliquer à cette double appréciation la moralité d'un apologue bien connu:
Notre ennemi, c'est notre maître.
Les femmes chez les Birmans et chez les Karens.
Une des plus brillantes pages de l'histoire des missions modernes est celle qui raconte leurs succès chez les Karens du pays birman. Plus de cent mille membres de ces tribus éparses ont, depuis une trentaine d'années, été amenés à la connaissance de l'Évangile, et actuellement on compte dans leurs rangs environ vingt mille communiants, dont la foi naïve et simple, mais inébranlable, fait l'admiration des voyageurs chrétiens qui ont pu parcourir le pays. Ces faits sont connus, grâce surtout à une dame des États-Unis, à qui ses travaux missionnaires parmi les Karens de la Birmanie ont acquis une juste célébrité.
CARTE du cours supérieur de l'Irawady et partie Nord du ROYAUME D'AVA.