Le roi. Si vous désiriez quelque chose, dites-le au woondouk, et il veillera à ce que vous soyez satisfait.»

L'ambassadeur ayant ensuite présenté quelques-uns des nôtres qui devaient rester dans le voisinage de la Birmanie comme inspecteurs ou commandants des frontières, le roi, de ce ton débonnaire et doucement sentencieux qui lui était propre, et que durent, sans aucun doute, posséder jadis Édouard le Confesseur en Angleterre et le bon roi Robert en France, déclara au major Phayre qu'il était bien heureux du choix que le gouverneur général avait fait de ces messieurs, «car, ajouta-t-il sagement, on devrait toujours placer sur la frontière des hommes judicieux et modérés. Il est aisé de se fâcher et difficile d'y remédier. La haine peut naître d'un seul mot, et cependant avec de l'attention on peut empêcher une querelle de s'élever. Il est aisé de se lier d'amitié pour quelque temps, mais il est difficile d'y persévérer. Tous nos soins tendront vers cet objet.»

L'ambassadeur. Sire, nous aussi, nous nous y efforcerons.

Le roi. Comme les deux États n'en font qu'un, si quelqu'un désirait venir des pays anglais dans mon royaume, serait-il libre de le faire?

L'ambassadeur. Certainement, Sire.

Le roi. Si vous pouvez me procurer quelques-unes des reliques bouddhiques qui se trouvent dans l'Inde, ainsi que les coffrets originaux qui les contiennent, écrivez pour m'en informer. Ce sont là des objets que nous vénérons.

L'ambassadeur. Je ferai tout mon possible pour satisfaire le vœu de Votre Majesté.

Le roi (à M. Camaretta). Voyez à ce que tout soit prêt pour le voyage.

(À l'ambassadeur). Désirez-vous me dire autre chose?

L'ambassadeur. Rien de plus que de remercier Votre Majesté de toutes les bontés qu'elle nous a témoignées depuis que nous sommes entrés dans son royaume.