Note 8: Selon Sauer, secrétaire de l'expédition de Billings, Djigansk, qu'il appelle Gigansk, avait encore le titre de cité en 1789; elle avait deux églises, deux maisons appartenant au gouverneur, sept maisons de particuliers et quinze huttes. Elle était le siège d'un tribunal de district (zemikoï-soud). Le district de Gigansk, étendu de six mille verstes des bords de l'Iana à ceux de l'Anabara, était habité par 1449 Yakoutes hommes, 489 Tongouses hommes, en tout 1938 tributaires, taxés pour cette année à 56 peaux de marte zibeline, 262 peaux de renard et 1169 roubles d'argent (4676 fr.). En 1784, les tributaires étaient au nombre de 4834. En 1788, il y avait dans ce district et celui de Zakhisvesk 750 Russes hommes y compris les exilés.[(Retour au texte)]

Note 9: Nutcha en yakoute.[(Retour au texte)]

Note 10: Le rouble vaut quatre francs.[(Retour au texte)]

Note 11: Le rouble de cuivre ou d'assignation vaut 1 fr. 14 c.[(Retour au texte)]

Note 12: En yakoute Ourkouskai.[(Retour au texte)]

Note 13: Nertchinsk, chef-lieu du district de ce nom dans le territoire transbaïkalien, est une ville de deux mille âmes, située sur la rive gauche de la Schilka, au confluent de la Nertcha, d'où dérive son nom. Érigée en ville en 1781, elle a deux églises, un observatoire et une école des mines. La contrée est fameuse par ses mines de plomb; qui rendent annuellement sept cent mille kilogrammes de plomb argentifère, dont on extrait quatre mille kilogrammes d'argent; elle a aussi des mines d'or, de mercure, d'étain, qui sont également exploitées, au compte du gouvernement, par les déportés et les forçats.

Le sort de ces condamnés, dit le voyageur M. A. Castrén, est plus supportable qu'on ne le croit généralement. Le gouvernement alloue aux simples convicts deux pounds (quarante kilogrammes) de farine et huit francs par mois; ceux qui ont un métier, comme les menuisiers, forgerons, scieurs de long, tailleurs de pierre, reçoivent, outre la provision ordinaire de farine, quinze kopecks (soixante centimes) de salaire par jour de travail. Les ouvriers sont tenus de pourvoir eux-mêmes à leur entretien et à leur logement; la subvention de l'État est naturellement insuffisante, mais les hommes laborieux et rangés trouvent presque toujours à faire de petits profits accessoires. Les mieux partagés sous ce rapport sont les mineurs, qui, d'après les règlements, peuvent disposer à leur gré d'une semaine sur quatre. Quant aux artisans, ils ont chaque jour à faire une certaine tâche, après quoi ils font tel usage que bon leur semble du temps qu'ils ont de reste. Dès leur arrivée à Nertchinsk, les forçats sont délivrés de leurs chaînes et mis en liberté: ils ne sont plus qu'esclaves de leur besogne. Ceux qui ont mené une vie honnête pendant vingt ans sont exemptés de travail et jouissent des privilèges des déportés, entre autres du droit de cultiver la terre sans payer d'impôt; mais les condamnés, qui se rendent coupables d'un nouveau crime ou d'un grave délit, sont astreints à travailler un certain temps dans les fers.

(Nordiska resor och forskningar, Voyages au Nord et études septentrionales, t. II, Helsingfors, 1855, p. 415, 416.)[(Retour au texte)]

Note 14: Le thermomètre de Réaumur.[(Retour au texte)]

Note 15: Terme de palefrenier, qui signifie mettre des entraves aux pieds des chevaux.[(Retour au texte)]