Persane. Guerrier kadjar. Guerrier. Paysan. Bourgeoise persane. Portrait d'un peintre. Moullah (prêtre, professeur). Chef wahabite.
TYPES ET PORTRAITS PERSANS.—Dessin de M. Jules Laurens.

Et tandis que les marchands font assaut d'éloquence et de persuasion pour arrêter ces goûts si incertains et si changeants, tous les propos et les cancans de la ville débordent de boutique en boutique. Ici on parle politique et on blâme telle mesure récente du gouvernement ou telle résolution qu'on dit imminente. On raconte ce qui s'est passé la veille au soir ou le jour même dans le harem du roi et le point exact où en est la discussion de telle klanum avec son mari. La chronique scandaleuse court de bouche en bouche, peu voilée et s'exagérant tous les quarts d'heure. On emprunte de l'argent et on en prête. On retire telle pièce de vêtement qui était en gage depuis six mois et on va engager telle autre. On se querelle, on se menace, mais on ne se frappe pas, à moins de circonstances rares. C'est un tapage, des cris, des rires, des gémissements, des poussées à faire tomber les voûtes, et souvent aussi elles ne résistent pas. Car, bâties en briques crues en beaucoup d'endroits et cimentées à la grosse, elles s'écroulent avec fracas, surtout aux approches du printemps, et on ne peut nier qu'elles n'écrasent çà et là quelques causeurs.

Les fiançailles. — Le divorce. — La journée d'une Persane.

Les Persans, extrêmement réservés sur la partie féminine de leur propre famille, sont on ne peut plus goguenards à l'endroit des femmes qui ne leur sont pas parentes. Ils s'en donnent alors à cœur joie, et à les entendre on croirait qu'il n'y a de dames respectables dans l'Iran qu'autant qu'ils ont encore une mère, une femme et des sœurs.

Ferach (homme de police publique ou privée). Kaliandji (porteur de pipe). Soldat à l'européenne. Pichkadmeth (page).
GROUPE DE PERSANS.—Dessin de M. Jules Laurens.

Sans m'arrêter à ces rapports, probablement empreints de beaucoup d'exagération, je dois dire que les femmes persanes se marient très-jeunes. Dans les familles aisées, le père exige ordinairement du fiancé trente tomans pour le prix de l'épouse, c'est-à-dire 360 fr., ce qui n'est pas énorme, et le plus souvent cette somme est employée par les parents à l'usage de la jeune femme. Il n'y a donc pas lieu de dépenser d'éloquence pour plaindre le sort d'une victime vendue par un père barbare. Avant la cérémonie nuptiale, il s'écoule souvent plusieurs mois pendant lesquels le fiancé n'est pas censé être admis à voir sa future à visage découvert; mais, pour concilier sur ce point l'attitude que la coutume impose au père de famille et la légitime impatience du jeune homme, il est à peu près convenu que la mère de la jeune fille veut à celui-ci tout le bien possible, et par faiblesse lui fournit des occasions d'aller et venir dans la maison. Il en abuse et se livre à ce qu'on appelle le namzêd-bazy, ou la vie de fiancé, le jeu de fiancé. C'est-à-dire qu'il pénètre dans l'endéroun, saute par-dessus les terrasses, et entre et sort par les fenêtres à son gré.