«Voilà bien à point mon affaire!» s'écrie-t-il avec enthousiasme.»

Et il l'épouse. Mais, l'acte signé, Norina change aussitôt de manières et de ton et de langage. Sa taille se déploie, sa tête se redresse, son oeil lance des éclairs, sa parole devient brève et impérieuse; elle dit: Je veux! et ce qu'elle veut, c'est toujours et partout le contraire de ce que veut son mari.

Elle change l'ameublement, elle prend des valets, des laquais, des servantes. On vous a dit que don Pasquale était riche, d'où vous devez conclure qu'il est avare.--Elle s'entoure de marchandes de modes et de couturières; elle achète une voiture et des chevaux... Hélas! qu'est-ce que tout cela au prix de ce qu'il me reste à dire? Dès qu'une femme a pris son mari pour victime et qu'elle est une fois en train, ne savez-vous pas jusqu'où elle peut aller? Bref, le bonhomme est trop heureux quand on veut bien lui apprendre, au troisième acte, que son mariage n'était qu'un mariage pour rire, une simple apparence de mariage, et qu'il peut se débarrasser immédiatement de son épousée du matin en la cédant à son neveu. Tout finit à la satisfaction générale, et Norina, au moment où le rideau va tomber, s'avance sur la pointe du pied, et dit au public d'un air malin et d'un ton narquois:

La morale est qu'il ne faut pas se marier quand on est vieux.

Belle découverte, et à laquelle on était bien loin de s'attendre!

(Théâtre-Italien.--Une scène de Don Pasquale, deuxième acte.)

La musique de M. Donizetti... Mais à quoi bon cette critique rétrospective de chants qu'on ne peut plus entendre et d'accords qui ont cessé de résonner? Qui quitte sa place la perd. Laissons donc de côté pour six mois, s'il vous plaît, la musique italienne. Voici venir M. Balle et la musique anglaise. Déjà la partition est sur le pupitre, et M. Girard met de la colophane à son archet. Écoutons... Quoi! rien encore? Eh bien! ce sera pour la semaine prochaine ou pour quelque autre. Et, en attendant, daignez permettre, ô lecteur, que nous vous invitions à un petit voyage impromptu. Il s'agit de passer la Seine, d'escalader le pays latin, et de quitter un moment le théâtre pour la Sorbonne. Le spectacle y sera moins brillant peut-être, mais vous n'y prendrez pas pour cela moins d'intérêt.

L'ORPHÉON.

C'est le nom qu'a donné Wilhem aux réunions générales des élèves des écoles de chant fondées et entretenues par la ville de Paris, dont il a organisé l'enseignement, et qu'il a dirigées jusqu'à sa mort.