--Je comprends. Mais non; je ne crois pas qu'il y ait danger. Elle me parait avoir réfléchi sur sa position, et s'être décidée à l'accepter.

--Dieu vous entende! j'aime beaucoup mieux voir les choses nécessaires s'accomplir de bonne grâce que par violence. Bonsoir, docteur; à demain.

--Bonsoir, madame; je n'y manquerai pas.

--Périlla, dit Léonor aussitôt après leur départ, ma bonne Périlla, voilà bien des nuits que vous passez à me veiller; vous devez être fatiguée; il faut vous coucher ce soir. Je suis tout-à-fait bien; je veux que vous vous reposiez.

--J'en aurais bon besoin, dit Périlla; mais cela ne se peut.

--Pourquoi?

--Et cette potion qu'il faut vous donner d'heure en heure?

--Je la prendrai moi-même. Vous mettrez tout ce qu'il faut sur la petite table, contre mon lit.

--Et si vous vous endormez?

--En ce cas, je n'aurai pas besoin de calmant: vous ne me réveilleriez pas pour m'en faire prendre.