--Comment! s'écria Léonor, vous emportez la lumière?
--Sans doute.
--Et comment prendrai-je ma potion sans voir clair?
--Ah! oui; je n'y songeais pas.
--Et puis... je vous avoue que, dans l'obscurité, je pourrais bien avoir peur de la morte. Faites-moi une lampe de nuit.
--Et où prendre de l'huile, une mèche? Si j'en vais demander en bas, cela sera suspect. Non, tout considéré, je vois qu'il faut que je reste. Pour une nuit de plus ou de moins, il ne faut pas manquer à son devoir.
--Vous pourriez, dit timidement Léonor, me laisser la lampe; vous n'en avez pas besoin pour vous mettre au lit.»
Périlla réfléchit un instant: «Écoutez, dit-elle, je descends dire mes prières à la chapelle; pendant ce temps, gardez la lampe: dans un quart d'heure je viendrai la prendre.
--Je n'ai rien à lire en cachette, répondit Léonor, qui devinait la pensée de la complaisante tourière. Je voudrais que ma cellule restât éclairée la nuit, voilà tout.
--Et si vous alliez vous endormir et mettre le feu?