Cette curieuse collection est destinée à prendre place, dans toutes les bibliothèques, à côté des histoires de la Révolution française, de l'Empire ou de Napoléon, dont elle forme pour ainsi dire le complément indispensable. Elle se compose de cinquante gravures dessinées par M. H. Bellangé, et coloriées à l'aquarelle. Une notice explicative, dont la rédaction a été confiée à un homme spécial, fait connaître l'histoire des transformations successives de l'uniforme dans les différents corps de l'armée française, depuis l'infanterie de ligne de 1795, jusqu'aux élèves de l'École Polytechnique, en 1815; depuis le général de brigade, jusqu'au timbalier et au tambour de la garde.
Tableau historique et critique de la poésie française et du théâtre français au XVIe siècle, par C.-A. SAINTE-BEUVE. Paris, 1843. (Charpentier, libraire-éditeur.) 1 vol. in-18.
Ce volume, de 500 pages, contient, outre l'ouvrage publié par l'auteur en 1828, sur la poésie française et le théâtre français, huit portraits littéraires, qui ont paru depuis dans la Revue de Paris et dans la Revue des Deux-Mondes.
Modes.
ORFÈVRERIE,
Nous ne savons trop pourquoi le caprice est toujours plus disposé à accueillir les modes étrangères que les modes françaises. Il semble qu'un mérite, aux yeux de l'élégance parisienne, soit d'arriver d'outre-mer. L'orfèvrerie, par exemple, dont nous nous occupons aujourd'hui, justifie tout à fait cette observation.
Cependant, l'orfèvrerie anglaise, dont la mode a rapproché toutes ses créations, est traitée comme dessins et comme travail avec une grande négligence, et peu de goût. En général, les formes sont lourdes et ne reproduisent guère que la ressemblance dénaturée des formes françaises, que Thomas Germain, Claude Balin, Marteau et Debèche ciselaient et rétreignaient au dix-huitième siècle avec une grande perfection. Les Anglais ont compris assez mal ce genre d'une richesse artistique; chez eux, presque toujours, la richesse est lourde et massive; le caprice n'est pas motivé, et les ornements manquent de goût.
En France, nous avons pour modèles les maîtres du dix-huitième siècle, et pour artistes des dessinateurs et des sculpteurs qui, s'ils s'éloignent des précédents, ne peuvent que perfectionner en faisant de l'innovation.
Pourquoi donc, lorsque nous avons les éléments d'une supériorité certaine, les artistes français acceptent-ils une rivalité qui devrait les blesser?
Il y a peut-être un point fondamental, étranger à l'orfèvrerie elle-même: c'est une question de luxe. Les grandes fortunes manquent en France, et celles qui restent font peu de dépenses. Un bel ouvrage ne serait pas acheté; on ne cite guère que les tables royales pour lesquelles, depuis longues années, nos grands orfèvres aient fait de beaux ouvrages. Aussi le bronze étant bien plus à la portée des fortunes moyennes, ou des idées reçues, a-t-il fait de grands progrès depuis plusieurs années. L'habileté d'une maison intelligente a, pour ainsi dire, opéré une révolution, en travaillant le bronze avec une finesse merveilleuse, sans augmenter les prix accepté pour les ouvrages d'une exécution relâchée, qui laissent beaucoup à désirer.