(Mostaganem.)

Mazagran, dont l'héroïque valeur d'une poignée de Français a immortalisé le nom, est situé à l'ouest et à une distance d'environ 7,000 mètres de Mostaganem. Cette petite ville ruinée occupe le versant d'une colline assez roide et forme un grand triangle, au sommet duquel se trouve un réduit. Ainsi exposé, ce réduit domine la plaine, la mer et le bas de la ville. Lorsqu'une garnison française fut, en 1833, placée à Mostaganem, les habitants de Mazagran abandonnèrent leurs maisons, C'est sur Mazagran, qu'après la rupture du traité de la Tafna, Abd-el-Kader, à deux reprises, a dirigé ses premiers coups et ouvert les hostilités dans la province d'Oran. La première attaque des Arabes eut lieu le 15 décembre 1839, et la deuxième dura quatre jours et quatre nuits, du 2 au 6 février 1840. Cent vingt-trois soldats du premier bataillon d'infanterie légère d'Afrique ont tenu tête à plusieurs milliers d'Arabes, et vaillamment repoussé quatre assauts.

Arzew, située sur une colline, à peu de distance de la mer, entre Oran et Mostaganem, est une petite ville construite sur des ruines. Elle a été occupée par l'armée française le 3 juillet 1833. La baie offre un excellent mouillage, pour toutes les saisons, aux bâtiments ordinaires du commerce, et en général à ceux qui sont au-dessous de la force des frégates.

Nous croyons devoir encore mentionner ici, comme appartenant à la province d'Oran, Messerguin, village situé à 12 kilomètres sud-ouest d'Oran; et dont les environs sont d'une fertilité remarquable; Mazouna, village bâti sur les bords du Chelif, et à 8 kilomètres de son embouchure; Nedroma, très-petite ville sur le penchant d'une montagne, à 16 kilomètres au sud du cap Hone; enfin Kallah, ville où l'on fabrique beaucoup de tapis.

Abd-el-Kader avait créé dans cette province plusieurs; établissements que nos troupes ont successivement visités et ruinés; en 1811 et 1812. Tagdemt, à 72 kilomètres est de Mascara; Boghar, à 60 kilomètres au sud-est de Médéah; Thaza, à 18 kilomètres sud-sud-est de Milianah; Sauta, à une journée et demie de marche au sud de Mascara; Tafraoua, à une journée au sud de Tlemsen.

(La suite à un autre numéro.)

Bulletin bibliographique.

Collection des auteurs latins, publiée sous la direction de M. D. Nisard. Mise en vente du dix-huitième, volume, contenant les oeuvres complètes de Lucrèce, de Virgile et de Valerius Flaccus, avec la traduction en français.--Paris, 1843. Dubochet. 15 fr.

Cette magnifique collection se continue avec un succès toujours croissant. Le dix-huitième volume, qui vient de paraître (la collection doit en avoir vingt-cinq), renferme les plus beaux modèles de la poésie épique chez les Romains, et réunit, dans l'ordre chronologique, trois auteurs qui personnifient trois époques bien distinctes de l'histoire du cette poésie: Lucrèce, Virgile, Valerius Flaccus. «Lucrèce, dit M. Nisard dans l'introduction, en représente les vigoureux commencements et la jeunesse déjà virile, Virgile la perfection, Valerius Flaccus la décadence.»