En effet, le nouveau modèle qui est sorti des ateliers de cet habile carrossier, et qui circule depuis quelques mois sur les boulevards, semble remédier à tous les inconvénients passés, présents et futurs; il est moins lourd et, par conséquent, plus roulant que les anciennes voitures. Des ressorts à pincettes, d'invention récente, donnent à la caisse une élasticité qui empêche les cahots de se faire si cruellement sentir. Les banquettes, partagées en stalles, ne permettent plus aux voyageurs mal élevés et méchants (pourquoi le nombre en est-il si grand?) de tourmenter leurs infortunés compagnons de route. Cependant il

(Omnibus nouveau modèle vu par derrière.) n'y en a que dix. On a eu le soin de laisser de chaque côté, près de la porte d'entrée, un espace vide pour les personnes dont le poids dépasse 150 Kilog. Les lanternes ont été placées de manière à mieux éclairer l'intérieur de la voiture. Enfin, on y entre en marchant debout, sans avoir besoin de se baisser, de se plier en deux, ce qui est toujours aussi disgracieux qu'incommode; par conséquent, on n'y court plus le risque d'y casser à chaque voyage son chapeau ou sa tête.

Vers la fin de ce mois, dix voitures semblables au modèle qui circule sur les boulevards, et dont les deux planches ci-jointes représentent, l'une le profil et l'autre l'entrée, desserviront la ligne de la barrière Blanche à l'Odéon. Espérons, dans l'intérêt général, que les autres administrateurs des voitures de transport en commun, ne tarderont pas à suivre l'exemple que viennent de leur donner M. Feuillant et Moreau, gérants de l'entreprise des Omnibus.

Rébus

EXPLICATION DU DERNIER RÉBUS. Chacun s'abonnera, j'en suis sûr, à l'Illustration.