Qu'on donne aux fous! c'est bien le nom dont on me nomme.

Mais alors c'est donc moi qui gouvernerai Rome?

En effet, j'éprouvais comme un élancement

Qui m'emportait en haut vers te commandement

Et cet homme, c'est moi qu'attend l'honneur suprême

De venger mon pays, et mon père, et moi-même,

D'affranchir l'avenir, de punir le passé,

Et de glorifier mon surnom d'insensé.

Au milieu de ce magnifique élan du génie et du patriotisme de Brute, au moment où le citoyen promet à Rome son sang pour la délivrer, et lui fait, en attendant, l'offrande de sa patience et de ses humiliations, il est interrompu par Valère, son ami et le complice de son projet glorieux. Valère vient l'exciter à agir et à pousser le cri d'indépendance. Non, il n'est pas temps encore, réplique Brute; les patriciens sont las, mais le peuple ne l'est pas; laissons la tyrannie descendre jusqu'à lui:

Laisse faire;