M. William» Richards, citoyen des États-Unis d'Amérique, et le second des envoyés du roi des îles Hawaii, est âgé de cinquante ans environ. C'est un ancien missionnaire méthodiste qui a renoncé depuis douze ans à l'exercice de l'apostolat et qui est devenu l'interprète de Kamehameha III, sur l'esprit duquel il a beaucoup d'influence. Sa taille est élevée, ses traits nobles et doux offrent un ensemble gracieux; il a beaucoup de finesse dans l'esprit et de prudence dans le caractère. Son nom qui, dans les îles Hawaii, se rattache à des entreprises utiles, à des institutions philanthropiques ne se trouve mêlé à aucun des actes de violence ou de fanatisme dont malheureusement ces îles ont été quelquefois le théâtre.
Depuis leur arrivée à Paris, MM. Haalilio et Richards ont été admis, comme membres correspondants, dans la Société orientale, dont le roi Kamehameha est membre honoraire. Ils ont trouvé accueil et appui dans cette Société fondée pour défendre en Orient les intérêts français ainsi que le catholicisme qui leur est si intimement uni, et que doit recommander à tous son but national et désintéressé.
L'indépendance des îles Hawaii, déjà reconnue par les États-Unis d'Amérique et par l'Angleterre, ne tentera pas sans doute à l'être promptement aussi par la France. Déjà trois traités d'amitié et de paix perpétuelle entre les Français et les Hawaiiens ont été, en 1837 et 1839, signés par MM. les capitaines Dupetit-Thouars et Laplace (aujourd'hui contre-amiraux). Un de ces traités déclare libre, dans les îles Hawaii l'exercice du culte catholique, et supprime ainsi tout prétexte à de nouvelles persécutions. Les deux autres accordent aux Français, dans les îles Hawaii et aux Hawaiiens en France, les mêmes droits que la nation la plus favorisée.--Ce sont là d'heureux précédents.
La Cour du Grand-Duc.
NOUVELLE.
(Suite et fin.--Voir pag. 213 et 250.)
Le lendemain matin, le prince Léopold eut son grand lever, auquel assistèrent tous les seigneurs de sa nouvelle cour.
Dès qu'il fut habillé, il reçut les dames avec une grâce parfaite.
Dames et seigneurs s'étaient revêtus de leurs plus beaux costumes de théâtre; le grand-duc se montra très satisfait de leur tenue et de leurs manières. Après les premiers compliments, on passa à la distribution générale des titres et des emplois.