LE MARQUIS. lisant.--«Faire détruire le plan de république sur la place par les mains du bourreau.» Très-bien! voilà comme j'aime les auto-da-fé, quand on n'y brûle que du papier! (lisant.) «Arrêter à tout prix les conspirateurs.» (A Rannuccio.) Et le châtiment?
RANNUCCIO.--Pour les suspecte, les galères; pour les coupables, la mort. Que le capitaine Odoard prenne bien garde à lui.
LE MARQUIS.--Odoard, mon jeune aide-de-camp ... Il n'a jamais conspiré que contre l'ennui.
RANNUCCIO.--Il est ardent, exalté.
LE MARQUIS.--Oui, pour tout ce qui est beau et noble.
RANNUCCIO.--Vous ne le connaissez, pas.
LE MARQUIS.--Tu en as toujours été jaloux. Quel âge a donc ta femme?
RANNUCCIO.--Vingt ans, monsieur le marquis.
LE MARQUIS, riant.--Est-ce que ce serait là la cause? (Rannuccio fait un mouvement.) Rassure-toi; je vais marier Odoard ... Mais achevons ces dépêches. (Tout en lisant.) D'ici là, pour endormir toute défiance, le prince veut qu'on s'occupe de fêtes. Il y aura bal ce soir à la cour pour le mariage de la princesse Nicolini. Va commencer les recherches. (Rannuccio sort.)
LE MARQUIS,--Sonnant--Matteo!... (Matteo paraît. A Matteo.) Ma cousine Francesca est-elle chez la marquise?