LE MARQUIS.--Quel air riant, chère comtesse! Votre joie me fait trembler. Est-ce que vous avez quelque mauvaise nouvelle à m'apprendrez.

LA CHANOINESSE.--Je la trouve très-bonne.

LE MARQUIS.--C'est ce une je voulais dire.

LA CHANOINESSE.--J'ai décidé enfin Francesca à me suivre au couvent.

LE MARQUIS.--Quel prosélytisme de célibat!... Est-ce l'histoire du chien du jardinier, qui n'y touche pas et ne veut pas qu'on y touche?

LA CHANOINESSE.--Non, je vous le jure, il n'y a ni envie ni ressentiment.... c'est pure conviction ... je voudrais faire école.

LE MARQUIS.--Vous aurez de la peine.

LA CHANOINESSE.--Vous croyez donc, messieurs, qu'on ne peut pas se passer de vous?

LE MARQUIS.--Jusqu'à présent, mesdames, vous avez été assez de cet avis-là.

LA CHANOINESSE.--Eh bien, en vérités, je n'y puis rien comprendre; j'ai été jeune, pas plus mal qu'une autre ... peut-être mieux même, à ce que l'on disait ... et les prétendants ne manquaient pas autour de moi, d'autant plus que j'avais une grande fortune; et rien ne vous attire plus, messieurs, que les beaux yeux d'une cassette ... Eh bien, je n'ai jamais pu avoir la plus petite passion ... c'était peut-être de ma faute... mais je crois plutôt que c'était de la vôtre; d'abord, convenez-en, vous êtes tous fort laids, et si par hasard un de vous échappe à la règle ... c'est un fat.