LE MARQUIS.--Une affaire qui ne sera pas grave, j'espère, mais qui exige ma présence; une conspiration de carbonari. (Se tournant vers Rannuccio.) Faites tous vos préparatifs, puis vous passerez chez le comte Odoard et vous lui direz que je l'attends.
LA MARQUISE, d'un air indifférent.--Est-ce que vous emmenez le comte?
LE MARQUIS.--Moi? non, (se penchant vers sa cousine.) je ne suis pas assez mauvais cousin pour cela.
FRANCESCA, troublée.--Mon cousin!...
LA MARQUISE, sortant.--Venez-vous, Francesca?...
LE MARQUIS, bas à Francesca.--Restez.
LA CHANOINESSE, qui a entendu ce mot, s'approchant du marquis.--Marquis, je vais vous prouver que je ne vous redoute pas ... je vous laisse avec Francesca. Allons, travaillez, persuadez; dites-lui bien que le comte Odoard est charmant. Mon pauvre marquis, vous avez de l'esprit, mais vous n'y voyez goutte. (Elle sort.)
Scène V.
LE MARQUIS, FRANCESCA.
LE MARQUIS, regardant Francesca, qui a la tête baissée.--Charmant visage, coeur charmant! (S'approchant d'elle.) Hé bien, à quoi pensez-vous, rêveuse?