FRANCESCA.--Ce que je voudrais qu'un fit pour moi: allez trouver ma cousine, lui écrire, lui dire que vous mourez, lui dire de vous faire vivre!
ODOARD.--L'infortunée! Que peut elle?
FRANCESCA.--Qu'elle coure chez le prince son père, qu'elle se jette à ses genoux, qu'elle lui avoue tout; je ne demande rien, mais qu'elle vous sauve!
ODOARD.--Se déshonorer aux yeux de son père!
FRANCESCA.--Grandir aux vôtres!
ODOARD.--Le prince ne le croira pas. Elle n'obtiendra rien!
FRANCESCA.--Elle n'obtiendra rien? Vous ne savez pas ce que c'est que la voix d'une femme qui demande grâce pour celui qu'elle aime! J'y vais.
ODOARD, l'arrêtant.--Mais ce serait se perdre!
FRANCESCA.--Mais ce serait vous faire mourir!
ODOARD.--Eh bien! je mourrai! qu'importe? Mourir pour la femme qui vous a tout sacrifié, mourir pour épargner une tache à son nom, et cela sans qu'elle le sache, sans qu'elle le veuille, quelle plus belle mort pouvais-je jamais rêver?...