LE MARQUIS, à la marquise.--Comment donc avez-vous obtenu du prince...

LA MARQUISE, sèchement.--Ce n'est pas moi.

ODOARD, à Francesca, avec tendresse.--Eh bien! madame, maintenant que je n'ai plus de réparation à vous offrir... maintenant que la lettre du prince m'ayant donné la vie... je ne vous dois plus rien... absolument rien... me croirez-vous si je vous dis: Francesca, je vous aime du plus profond de mon âme, et cette vie que je retrouve me serait odieuse si vous ne la partagiez pas;

LA CHANOINESSE.--Dites oui, ma nièce, ou je le dis pour vous.

ODOARD, à Francesca.-Hé bien?

FRANCESCA.--Partez pour Venise, monsieur le comte, et si dans un an votre coeur est toujours le même, venez au couvent de Santa-Croce, vous y trouverez la marquise Francesca de Montenero, qui sera heureuse alors de devenir la comtesse Odoard.

ODOARD.--O ciel! un an!

FRANCESCA.--Il me faut bien un an pour oublier le commencement de cette journée et m'habituer à en croire la fin.

LE MARQUIS, bas à Odoard.--Revenez dans un mois.

ODOARD, à Francesca.--Adieu donc, madame!