Poésies, par madame Bayle-Mouillard 1 vol. in-8.--Paris, 1843. Paulin.
Madame Bayle-Mouillard est déjà connue dans le monde savant et littéraire par un ouvrage intitule du Progrès social et de la Conviction religieuse, que l'Académie des Sciences morales et politiques et la Société de la morale chrétienne ont couronné en 1840. Trois ans auparavant, c'est-à-dire en 18377, M. Bayle-Mouillard avocat-général à Riom, avait, de son côte, obtenu un prix de l'Institut pour son beau traité de l'Emprisonnement pour dettes Aujourd'hui, madame Bayle-Mouillard, se reposant de travaux plus sérieux, publie un recueil de vers qu'elle a composés, dit-elle, «dans les champs et dans les villes, sur la mer, sur les montagnes, dans les vallées riantes ou sauvages, et qui ont été produits par l'observation des états si divers des hommes, de leurs sentiments, de leurs douleurs, de leurs hautes et secrètes consolations. Une sorte d'inspiration les lui a donnés contre son attente; seule elle l'encourage à les offrir au public, puisqu'elle lui permet au moins d'espérer que la vérité et la sincérité des impressions pourront lui faire goûter ce recueil poétique.»
Ces espérances de madame Bayle-Mouillard ne seront pas trompées. Ses vers, tour à tour gracieux ou touchants, trouveront encore, malgré l'antipathie ridicule de notre époque pour la poésie, de nombreux lecteurs, qui sauront les apprécier à leur juste valeur. Mais lui procureront-ils la gloire qu'elle avait pu rêver dans ces moments d'enthousiasme ou, selon ses propres expressions, elle sondait les plus secrètes profondeurs de l'avenir.
Avenir, mot puissant qui charme ou désespère,
Que la bouche en tremblant commence sur la terre,
Que ta pensée achève aux cieux.
Aura-t-elle le bonheur de voir tous ses souhaits exaucés? Nous n'oserions pas l'affirmer; elle-même a paru en douter dans une des pièces de vers intitulée Poésie et Sommeil:
Quand de sa main séduisante et naïve,
La jeunesse, en riant, penchait mon front rêveur,
De l'avenir, pour moi, l'image la plus vive