L'Amour s'approchant du lit de Psyché est au Luxembourg, le Henri IV à Nérac, et le Montesquieu au Palais-de-Justice de Bordeaux. Nous connaissons de M. Raggi plusieurs travaux remarquables, répartis en divers édifices: à Saint-Étienne-du-Mont, la Vierge tenant l'Enfant-Jésus; à Grenoble, Bayard mourant, statue en bronze; dans la salle d'exposition des sculptures, au Louvre, Hercule retirant de la mer le corps d'Icare; à Versailles, Hugues Capet, statue en marbre; Jean Boucicault et Jacques de Bourbon, en plâtre; à la Madeleine, saint Vincent de Paule et saint Michel.

La fête de Pau a été une ovation pour cet honorable statuaire, que le préfet avait officiellement invité à y assister. Le duc de Montpensier s'est fait présenter M. Raggi ainsi que M. Latapie, qui, en qualité d'architecte de la ville, a coopéré à l'érection du monument.

De la Médecine chez les Arabes (3).

Note 3: Extrait du Rapport officiel de M. le docteur Furnais sur les Causes, la Nature et le traitement des Maladies des Yeux en Afrique.

Malgré le fatalisme inhérent à leur religion, les Arabes accordent une grande confiance à la médecine; et c'est à tort que, certains auteurs ont avancé que les musulmans craignaient de tenter la divinité, en croyant à l'art de guérir.

Les bains sont la panacée universelle des indigènes de l'Algérie; ils les emploient dans toutes les maladies, quels que soient l'âge et le tempérament des malades.

L'application du feu joue un grand rôle dans leur thérapeutique chirurgicale; c'est à l'aide de ce moyen violent qu'ils prétendent guérir les engorgements du foie et de la rate, et une grande partie des maladies d'estomac.

Pour les blessures d'armes à feu, ils rougissent à blanc un anneau ou bague de fer qu'on applique à l'orifice de la plaie, et s'établit ainsi une suppuration et des bourgeonnements de bonne nature, l'introduction de l'air devient difficile, et la guérison est très-prompte.

Pour les foulures, les entorses, les tumeurs et les engorgements des articulations, leur médecine n'est pas moins violente.

M. le gouverneur-général Bugeaud a bien voulu nous communiquer le fait suivant: Un chef arabe nommé Ben-Kadour-Ben-Ismaël, qui accompagnait le général en qualité d'aide-de-camp dans une partie de chasse aux environs d'Oran, tomba de son cheval qui s'abattit sur lui; on releva le cavalier tout foulé, broyé, et on le fit transporter sans connaissance dans une tribu voisine. Quatre jours après, le général, qui le croyait blessé mortellement, ou tout au moins estropié pour toute sa vie, ne fut pas peu surpris de le voir reparaître à cheval dans une revue. On lui apprit qu'un tehib (médecin) appelé près de l'Arabe aussitôt après l'accident, lui avait promené un fer rouge sur les articulations principales des membres supérieurs et inférieurs, après quoi il avait fait bassiner les brûlures avec la teinture du henné, espèce de solution astringente du Lausonia inermis dont les indigènes se servent pour donner une teinte jaunâtre aux ongles, aux mains et quelquefois aux bras et aux jambes. C'était à l'emploi de ces moyens énergiques qu'était due une guérison si prompte et si merveilleuse.