Les deux courses déclarées nulles ont été recommencées conformément à la décision des juges-commissaires. Les Deux-Cousins, patron Sabolle, ont gagné le prix de 1,000 fr.; le Bon-Père, patron Berney, celui de 250 fr.; la Victorine, triomphante la veille, s'est échouée en allant prendre son mouillage. Le premier prix des bateaux à voiles non pontés a été décerné au Vite, appartenant à M. Barbe; le second à La Lionne, appartenant à M. Cor. La Louise, la Mosquita, le Général-Vandamme et l'Ariel ont renoncé. Le Havre-et-Guadeloupe n'a pas couru.

Inauguration de la statue de Henri IV.

A PAU.

L'arrivée de la reine d'Angleterre a trop détourné l'attention publique de cette grande fête nationale, qui semblait justement destinée à avoir un grand retentissement dans toute la France.

Statue de Henri IV, par M Raggi.

Le 25 août, à onze heures et demie, une salve de vingt-un coups de canon a annoncé l'entrée de M, le duc de Montpensier dans la ville de Pau. Le Corps municipal s'est rendu au pont de Jurançon pour recevoir le prince, qui, bientôt après, mettait pied à terre au château où naquit son aïeul, le 15 décembre 1553. Des courses de chevaux, un concert, un bal, deux jours de fêtes préliminaires, ont précédé la grande solennité de l'inauguration, célébrée avec une magnificence digne de son objet. Ce jour-là, le département des Basses-Pyrénées était tout entier concentré dans son chef-lieu, et la population quadruplée ondulait aux abords de la place Royale. Le duc de Montpensier y est arrivé à dix heures, accompagné du conseil-général du département, de l'état-major de la division, des membres de la cour royale et des tribunaux, de M. le duc de Cazes, grand-référendaire de la Chambre des Pairs, du marquis de Lusignan, pair de France, et du lieutenant-général Harispe. A l'approche du cortège, un orchestre dirigé par M. Habeneck a exécuté la Bataille d'Ivry; des choeurs ont chanté d'une voix retentissante une ballade de circonstance dont M. Aube avait composé la musique, et M. Liadères les paroles. Après le dernier couplet, la statue de Henri IV était débarrassée des draperies blanches qui la dérobaient aux regards. Vingt-un coups de canon ont annoncé au loin que le Béarn possédait enfin ce monument tant désiré; les acclamations de vingt mille spectateurs se sont mêlées au bruit de l'artillerie; les choeurs ont fait entendre: Vive Henri IV, et l'orchestre, après avoir accompagné le vieux refrain français, a joué l'air béarnais Là haut sur les montagnes. Alors ont commencé les formes sacramentelles de l'inauguration. Le duc et les principaux fonctionnaires en ont signé le procès-verbal, que l'on a déposé dans un caveau pratiqué sous le piédestal, en y joignant l'histoire de Henri IV, par Pérétixe (édition elzévirienne), le recueil du ses lettres, publié par la Société de l'Histoire de France (2 vol. in-4º), la Henriade, des médailles, et diverses monnaies frappées au seizième siècle. Le comte de Saint-Grieq, président du conseil-général du département, le préfet, le duc de Montpensier, prenant tour à tour la parole, ont rappelé à l'envi les qualités d' Henri le Grand. L'impression produite par ces discours durait encore, quand le duc de Montpensier s'est approché du monument, a scellé la pierre du caveau, et a fait d'un pas lent le tour de la statue, pendant que la musique des régiments répétaient: Vive Henri IV!

Inauguration de la statue de Henri IV, à Pau.