Envois de Rome.--Oreste poursuivi
par les Furies, statue en marbre
par M. Chambard.

Il serait superflu de suivre M. Raoul Rochette dans tous les détails de cette biographie. Tous les faits qu'il raconte sont connus depuis longtemps. Quant à l'appréciation à laquelle il se livre des travaux de Chérubini, nous ne saurions la prendre au sérieux. «Où la critique n'est pas permise, de Figaro, il n'y a point d'éloge flatteur.» M. Raoul Rochette ne critiquant rien,--et l'on comprend que le lieu, la circonstance et sa position officielle le lui aient défendu,--ses éloges ne sont guère à discuter. Nous ne reprocherons donc pas à M. le secrétaire perpétuel d'avoir vanté la grâce et le charme des mélodies de Chérubini, et de lui avoir bravement fait honneur de toutes les inventions de Gluck, d'Haydn et de Mozart. Mais n'est-ce pas pousser un peu loin l'hyperbole académique que d'avoir représenté Napoléon et Chérubini comme deux adversaires, deux ennemis, dont l'un fut persécuteur et l'autre victime. Quel mal Napoléon a-t-il jamais fait à Chérubini? l'a-t-il jamais entravé dans sa marche? a-t-il empêché qu'on jouât ses opéras? Pas le moins du monde. Il ne lui a point accordé de faveurs; mais à quel titre lui en aurait-il dû? A ne consulter que son sentiment personnel, la musique de Chérubini l'ennuyait; à consulter le sentiment public, les opéras de Chérubini tombaient presque toujours. Pouvait-il deviner que l'auteur de Démaphon et de l'Hôtellerie portugaise ferait sous la Restauration de magnifiques motets et des messes sublimes? Chérubini, malgré un talent immense, que nous ne songeons pas à contester, a joué pendant la moitié de sa vie le rôle de grand homme incompris, et il y avait pour cela d'excellentes raisons que nous dirions à toute autre occasion qu'à celle de son oraison funèbre.

ROMANCIERS CONTEMPORAINS.--CHARLES DICKENS.

Un Journal américain.--Intérieur d'une Pension bourgeoise.

(Suite.--Voir t. II, p. 26 et 58.)

Intérieur du bureau de Rowdy, journal américain.

«M. Jefferson Brick, ici présent, monsieur, dit le colonel en remplissant son verre et celui de Martin, et passant la bouteille à son collaborateur, va nous donner, au lieu d'un toast de la vieille Europe, un sentiment de la jeune civilisation.

--Puisque vous en appelez à moi, s'écria le foudre de guerre, je répondrai. Buvons au Rowdy et à tous ses frères de la Presse, puits de Vérité, dont l'onde noire (délicate allusion à l'encre d'imprimerie) est cependant assez transparente pour réfléchir brillantes les glorieuses destinées de mon immortelle patrie!