Il prit le volume et s'apprêta avec une sorte de méditation à écrire quelques mots.
«Ce ne sont pas des vers, dit-il en me le rendant; lisez, ou plutôt je vais vous traduire cette phrase.» Je l'écoutai, et je fus profondément attendri en entendant ces mots, dont je n'aurai pas le courage de donner ici la traduction;
«A Moussu G... C...
«A heyre commo m'abès sentit quand legissioy, bézi que mous libres n'an jamay estat débat un nullou co, et dins de tan bounos mas,
«JASMIN.
«Agen, 6 octobre 1843.»
Il ignorait encore qui j'étais après avoir écrit cette phrase, et il me le demanda pour l'ajouter aux mots; à moussu, suivis d'une demi-ligne blanche. Ce fut alors seulement qu'il sut et qu'il écrivit mon nom:--G... C....
Avant de nous quitter, il ouvrit un de ses volumes, et, me montrant une page de musique, il me chanta une mélodie qui est de lui, et qu'il a composée pour une de ses poésies.--Sa voix est touchante, et je savais d'ailleurs qu'il était bon musicien et jouait fort bien de la guitare.
Enfin, je lui fis mes adieux, avec l'espoir et sa promesse de le revoir à Paris.