Il y a, dit l'argument, un mouvement sympathique jusque parmi les Barbares. Nous renonçons à représenter les effets de leur émotions. Retournons maintenant chez Justinien, où va se dénouer ce drame intéressant.

«Justinien, dit l'argument, donne des ordres pour la bataille du lendemain, lorsque, pâle et échevelée, mademoiselle Grisi-Antonine paraît, et vient se reconnaître coupable du mal que l'on a fait injustement à Bélisaire.»

Elle étend les bras, lève les yeux au ciel, crie, pleure et ne s'arrache pas un seul cheveu. Mais, hélas! à ce moment Bélisaire, «accompagné d'une lugubre musique,» est apporté sur une civière par deux messagers parisiens; une flèche ennemie l'a tué.

Le pauvre homme rend le dernier soupir sans pouvoir chanter la plus petite cavatine. Il recommande ses deux enfants à Justinien, qui lui dit «ami» d'une voix étouffée et en lui serrant la main.

Silence universel. Mademoiselle Grisi-Antonine reste immobile en regardant le corps de Bélisaire; Justinien et le chœur chantent:

Abborrita dei mortali

Condamnata dall' eterno,

Viva, iniqua, e tutti mali

Prova in terra dell' Averno...