--Fort bien, dit Martin, qui désirait changer de sujet. Et maintenant que vous en êtes venu à conclusion. Mark, peut-être me ferez-vous l'honneur de m'écouter. Vous trouverez sur cette carte l'adresse du lieu où il faut porter nos effets; Pension bourgeoise de mistriss Pawkins.

--Pension bourgeoise de mistriss Pawkins? répéta Mark; allons, Cicéron, en avant!

--Est-ce là son nom? demanda Martin.

--C'est son nom, monsieur,» répliqua Mark; et, de dessous le porte-manteau de cuir dont les reflet, de sa noire figure obscurcissaient les ombres, le nègre acquiesça par une grimace et descendit, clopin clopant, chargé d'une portion des bagages, Mark Tapley ayant pris les devants avec le reste.

Martin et son ami les suivirent jusqu'à la porte d'en bas; et ils allaient continuer leur promenade, quand l'Américain arrêta son compagnon et lui demanda, en hésitant un peu, si l'on pouvait se fier au jeune homme.

«A Mark? oh! certainement on peut tout remettre à sa garde.

--Vous ne me comprenez pas.--Je crois plus prudent pour lui de venir avec nous. C'est un brave garçon qui dit son avis trop ouvertement.

--Au fait, répliqua Martin en souriant, n'ayant jamais habité de république libre, il a pris l'habitude d'avoir son franc parler.

--Décidément, il vaut mieux qu'il ne nous quitte pas, reprit l'Américain, il pourrait lui arriver malheur. Nous ne sommes pas ici dans un État à esclaves, à la vérité; mais. je l'avoue, non sans honte, l'esprit de tolérance est chez nous beaucoup moins commun que ses formes; à la moindre dissidence, notre modération les uns envers les autres fait défaut, et pour peu qu'il s'agisse d'étrangers... Non, réellement il est plus prudent qu'il nous suive.»

En conséquence, Mark fut rappelé; Cicéron et sa brouette s'acheminèrent d'un côté, et Martin et ses compagnons de l'autre.