Un de mes compatriotes, à qui l'on soumettait cette observation, leva les yeux au ciel comme pour y chercher une inspiration.
«La chose est simple... dit-il ensuite; ces gens-là sont des insulaires... ils doivent une certaine reconnaissance à l'homme du continent qui traverse la mer pour les aller voir...
--Ceci pourrait être concluant, lui fut-il répondu, si l'insulaire ne traversait pas la mer pour aller voir l'homme du continent.
--C'est bien différent!...» reprit le Français d'un air convaincu.
Sur dix personnes qui assistaient à cette discussion, huit s'écrièrent d'une seule voix: «En effet, c'est bien différent.»
La neuvième parut se disposer à réfléchir avant de prendre parti.
La dixième dormait profondément.
Quoiqu'il en soit,--j'en atteste les terribles promenades auxquelles le professeur et l'architecte se résignèrent par égard pour moi,--j'en atteste aussi les sentiments que je leur garde,--nulle part mieux qu'en Angleterre, on ne peut vérifier la justesse du vieil adage: les amis de nos amis, etc.
LES THÉÂTRES.
Les affiches étaient misérables, et le marasme dramatique s'y révélait énergiquement. Pas un drame national, pas une comédie nationale, pas un opéra, pas un vaudeville anglais! A l'Opéra, Lablache et Rubini; à Princess-Théâtre, madame Eugénie Garcia; ailleurs, mademoiselle Déjazet, Levassor et Bouffé; je ne sais où, des équilibristes arabes, de petits enfants napolitains dansant des ballets obscènes; partout des traductions de la Part du Diable; enfin, un beau jour, à Drury-Lane, Julius César, et, le lendemain, Macbeth.