Le 4 juin 1814, Louis XVIII se rendit au Corps Législatif. La distinction entre les pairs et les députés fut que deux des pairs ecclésiastiques et six des pairs laïques furent placés sur des banquettes au-dessous et de chaque côté du trône. Le reste de la Chambre des pairs et la Chambre des Député tout entière prirent place en face du trône circulairement. L'assemblée, à l'arrivée du roi, était debout et découvert. Le roi s'assit et se couvrit, et invita d'un signe l'assemblée à suivre le premier de ces exemples.
Le 7 juin 1815, Napoléon vint précéder, avant de partir pour l'armée, à l'ouverture des Chambres. Nulle distinction ne fut établie entre les pairs et les députés, et le grand-maître des cérémonies, sur l'ordre de l'empereur, invita dans les mêmes termes les uns et les autres à s'asseoir.
En octobre de la même année, Louis XVIII, rentré pour la seconde fois, ouvrit les chambres de nouveau à son tour. Cette fois, bon nombre des anciens usages furent rétablis, et ils continuèrent à être observés pendant toute la Restauration. La veille du jour fixé pour l'ouverture, le 6 octobre, une messe du Saint-Esprit fut célébrée à Notre-Dame, à laquelle assistèrent les deux Chambres. Le lendemain, 7, un cortége nombreux et brillant suivit le roi au palais Bourbon. M. le chancelier eut un siège à bras et sans dossier; le grand-chambellan eut un carreau place au pied du trône. En face étaient les pairs, et derrière eux les députés. Le roi ordonna aux pairs de s'asseoir, et M. le chancelier on donna, dit le Moniteur, au nom de Sa Majesté, la permission aux députés.--Un membre, de la Chambre des Députés, appelé à prêter le serment, demanda à prendre la parole. M. le duc de Richelieu, président du Conseil des ministres, s'approcha aussitôt du roi, prit ses ordres et dit: «L'usage immémorial du la monarchie ne permet pas, dans de semblables circonstances, de prendre la parole en présence du roi sans la permission de Sa Majesté: Sa Majesté ordonne que l'appel nominal soit continué.»--Lorsque les infirmités de Louis XVIII lui eurent, en quelque sorte, rendu la locomotion impossible, la séance d'ouverture des Chambres ne se tint plus au Palais-Bourbon, mais dans une grande salle du Louvre, coté de l'horloge. Le roi, placé dans un fauteuil, était ainsi poussé tout le long de la grande galerie du Musée et de la galerie d'Apollon, et arrivait sur roulettes jusque sur l'estrade destinée à porter son fauteuil.
Ouverture des Chambres.--Discours du roi.
Du reste, si le cortége les formalités de réception se trouvaient ainsi supprimés, les autres lois de l'étiquette n'en étaient pas moins rigoureusement observées.
Sous le règne de Charles X, elle demeura la même, et les députés continuèrent à porter un habit bien, boutonné, droit, à collet et parements brodés en argent, tandis que les pairs étincelaient dans un costume et sous un chapeau à la Henri IV que l'on admire encore dans les jours gras.
La révolution de 1830 a supprimé la messe du Saint-Esprit, et a valu aux députés les mêmes égards qu'aux pairs.
Les uns comme les autres sont aujourd'hui invités par le roi lui-même à écouter son discours assis.
Si nous avions pu prévoir, en le commençant, que notre récit dût être aussi long, certes nous aurions eu, envers nos lecteurs de toute taille et de tout âge, cette même et royale attention.