Commandants supérieurs de la province de Constantine depuis l'occupation française.
--Immédiatement après la prise de Constantine (13 octobre 1837), le commandement de la place fut laissé par le maréchal Valée au colonel Bernelle, nommé le 11 novembre suivant maréchal de camp. Depuis, le commandement supérieur de la province a été, successivement confié au général Négrier (23 novembre 1837), au Général Galbois (19 juillet 1838), au général Négrier, une seconde fois (21 février 1841), au général Baraguey-d'Hilliers (19 juin 1843) et au duc d'Aumale (18 octobre 1843).
Bulletin bibliographique
BERNARD PALISSY
Une réimpression des œuvres de Bernard Palissy, avec des notes par M. Paul-Antoine Cap, vient de paraître à la librairie Dubochet (7). M. Cap a fait précéder cette édition d'une Notice qu'il nous est permis de donner en partie à nos lecteurs. Ils pourront apprendre du savant éditeur l'histoire d'une vie dont l'énergie, le dévouement et la beauté morale sont des sujets d'une éternelle admiration. Nous les renverrons à la Notice elle-même et au livre, qu'elle accompagne, après leur avoir donné les extraits suivants:
Note 7: Un volume in-18. Prix: 3 fr. 50 c.--Rue de Seine, 33.
«Le nom de Bernard Palissy est vaguement empreint dans la mémoire de toutes les personnes qui s'occupent de sciences naturelles, d'agriculture, de physique, de chimie, ou qui ont étudié l'histoire des arts.. On sait en général qu'il vécut au seizième siècle, qu'il était potier de terre, et qu'il découvrit le vernis des faïences. On sait que l'ardeur qu'il mit à cette recherche le retint longtemps dans la misère la plus profonde mais qu'il finit par atteindre son but, et qu'il fut l'inventeur ces rustiques figulines auxquelles les amateurs attachent aujourd'hui un assez haut prix. Ce que l'on sait moins généralement, c'est que cet homme, sans éducation première, sans aucune notion de littérature, sans connaissance de l'antiquité, sans secours d'aucune espèce, à l'aide des seuls efforts de son génie et de l'observation attentive de la nature, posa les bases de la plupart des doctrines modernes sur les sciences et les arts; qu'il émit, sur une foule de hautes questions scientifiques, les idées les plus hardies et les mieux fondées; qu'il professa le premier en France l'histoire naturelle et la géologie; qu'il fut l'un de ceux qui contribuèrent le plus puissamment à renverser le culte aveugle du moyen-âge pour les doctrines de l'antiquité; que cet ouvrier, sans culture et sans lettres, a laissé des écrits remarquables par la clarté, l'énergie, le coloris du style; qu'enfin cet homme simple et pur, mais puissant par le génie, fournit l'exemple d'un des plus beaux caractères de son époque, et qu'il expia par la captivité et la mort sa persévérance courageuse et sa fermeté dans ses croyances.
«Il est beau sans doute de voir l'artiste aux prises avec les difficultés de son art, ou avec les obstacles matériels qui s'opposent à la production de sa pensée, sortir victorieux de cette lutte, après une longue période d'efforts, de misère et de souffrances; mais il ne l'est pas moins du voir l'homme d'une origine obscure, dépourvu des secours de l'instruction et de l'étude, jeter sur tout ce qui l'entoure le coup d'œil de l'observateur et du philosophe, pénétrer les mystères de la nature, saisir les principes des vérités éternelles, renverser les erreurs accréditées de son époque, et pressentir la plupart des découvertes qui feront l'avenir et la gloire des siècles plus éclairés. C'est avec ce double mérite que Palissy se présente aux regards de la postérité. Les événements de sa vie, dont quelques-uns furent racontés par lui-même, montrent tout ce que peut le génie secondé par une âme ferme, un esprit droit et un cœur pur. Leur simple récit nous semble le moyen le plus naturel d'appeler sur ses travaux l'intérêt dont ils sont si dignes, et sur sa personne le respect, l'admiration que commande toujours un beau caractère aux plus précieux talents.
«Un pauvre village du Périgord, situé à peu de distance de la petite ville de Biron, entre le Lot et la Dordogne, donna naissance à Bernard Palissy. Ce village, appelé La Chapelle-Biron, renferme encore, dit-on, une famille qui descend de cet homme célèbre, et une tuilerie fort ancienne, établie dans le même lieu, portait encore naguère le nom de Tuilerie de Palissy. Des documents assez peu d'accord entre eux font remonter sa naissance au commencement du seizième siècle. Ainsi d'Aubigné prétend qu'à sa mort, arrivée en 1589, il était âgé de quatre-vingt-dix ans, tandis que selon Lacroix du Maine, il florissait à Paris en 1575, âgé de soixante ans et plus. En rapprochant diverses circonstances parmi celles que Palissy rapporte lui-même, la version la plus vraisemblable et la plus généralement adoptée rapporterait la date de sa naissance à l'année 1510.
«On ne possède aucun détail sur ses parents ni sur sa première éducation. Il paraît que, dès son enfance, il travaillait à la vitrerie, qui comprenait alors la préparation, l'assemblage des vitraux colorés, ainsi que la peinture sur verre. Doué d'une aptitude particulière aux arts du dessin. Il conçut de bonne heure la pensée d'élever ses travaux d'artisan à la hauteur des œuvres d'un artiste. Aussi tout en peidant des images, comme il dit, pour exister, il étudiait les grands maîtres de cette belle école italienne, qui dès le siècle précédent, avait donne à la renaissance des arts une si vigoureuse impulsion. Il s'exerçait en même temps à l'architecture, et pratiquait la géométrie. «On pensoit, dit-il, que je fusse plus sçavant en l'art de peinture que je n'estois, qui causoit que je n'estois souvent appelé pour faire des figures (des plans) dans les procès.» C'était une nouvelle ressource un peu plus profitable que l'art de composer des vitraux.
«Cependant, pour l'homme qui se seul capable de fournir une large carrière, le pays natal ne saurait longtemps suffire; Palissy se mit donc à voyager. Il alla d'abord dans les Pyrénées, et s'arrêta quelque temps à Tarbes. Les accidents naturels de ce beau pays le frappèrent vivement, et peut-être est-ce là le point de départ de bon goût ardent pour la géologie et les sciences naturelles. Il parcourut ensuite quelques autres provinces de France, puis la Flandre, les Pays-Bas, les Ardennes et les bords du Rhin, en ouvrier nomade exerçant à la fois la vitrerie la pourtraiture et l'arpentage; mais aussi observant partout la topographie, les accidents du sol, les curiosités naturelles; parcourant les montagnes, les forêts, les rives des fleuves; visitant les carrières et les mines, les grottes et les cavernes, en un mot demandant partout à la nature elle-même le secret des merveilles qu'elle offrait à son admiration et à son étude. L'éducation scientifique de Palissy, au lieu de commencer par les livres, partait ainsi des bases les plus certaines, les plus fécondes: l'expérience et l'observation.