--Êtes-vous allé en Angleterre? demanda Martin.
--Grâce à la presse, oui, monsieur; répondit le général; je m'y suis rendu en lecture, pas autrement. Vous êtes ici chez un peuple studieux, monsieur; vous trouverez parmi nous une connaissance des choses qui vous surprendra.
--Je n'en doute nullement, répliquait Martin, lorsqu'il se vit interrompu par M. Aristide Kettle, lequel murmura à son oreille:
--Vous connaissez, le général Choke?
--Non, reprit Martin sur le même ton.
--Vous savez sous quel point de vue on le considère ici?
--Comme l'un des hommes les plus remarquables du pays, répondit Martin à tout hasard.
--Justement; j'étais sûr que vous auriez, entendu parler de lui.
--Je crois, dit Martin, s'adressant au général, je crois être assez heureux pour avoir une lettre d'introduction auprès de vous, monsieur; elle est de M. Bévan, du Massachussets,» ajouta-t-il en la lui présentant.
Le général la prit et la lut avec attention; de temps en temps il s'arrêtait pour lancer un regard aux deux étrangers. Arrivé à la signature, il s'avança, donna une poignée de main à Martin, et s'assit auprès de lui.