1° Que ce que M. A... prenait pour un soleil, n'était autre chose qu'une gloire;
2° Qu'en effet on voyait au milieu de cette gloire les attributs des beaux-arts;
3º Qu'on y voyait également une laie, mais que cette laie étant sur le point de mettre bas, il fallait en conclure qu'elle était féconde.
A l'aide de ces diverses indications, M. C... déclara formellement que, loin de signifier que les que les beaux-arts étaient dans le plus grand désastre, le rébus contenait ces mots:
La gloire environne les beaux-arts et les féconde. (et laie féconde)
Vous comprenez, monsieur, que, partant de deux points de vue aussi opposés, il était difficile que les deux adversaires pussent se faire la plus légère concession. Vainement des amis, affligés d'une discussion dont les suites pouvaient devenir graves, firent-ils tous leurs efforts pour opérer une conciliation; elle était radicalement impossible. Ils échouèrent donc, et la querelle n'en devint que plus animée et les expressions que plus outrageantes.
Heureusement, monsieur, le courrier de Paris apporta votre dernier numéro et par conséquent l'explication de votre dernier rébus. Ni l'un ni l'autre des adversaires n'avait deviné juste, puisque la phrase était: Les beaux-arts sont dans toute leur gloire, la dispute se calma subitement; des explications satisfaisantes furent échangées; les deux négociants se précipitèrent dans les bras l'un de l'autre.
Toutefois M. C..., après un instant de réflexion, se ravisa vivement, et s'écria en s'adressant aux témoins de cette terrible scène: «Avouez au moins, messieurs, que j'ai un peu moins tort que M. A...; car, si les beaux-arts sont dans toute leur gloire, il en résulte évidemment qu'ils ne sont pas dans le plus grand désastre!...»
Vous voyez, monsieur, que ce qui vient de se passer à Bordeaux est un nouveau chapitre à ajouter au livre des grands effets produits par les petites causes. Qu'à l'avenir cela vous serve d'avertissement, et croyez-moi,