NOUVEAU MARCHÉ BONNE-NOUVELLE.

Lorsque Paris presque tout entier était renfermé dans l'île de la Cité, les halles ou marchés se trouvaient placés dans les faubourgs et occupaient les environs de la rue du Marché-Palu. Avant le règne de Louis VI il y avait un marché sur les terrains de la place de Grève, et Louis VI choisit lui-même en 1136, l'emplacement actuel des halles appelé alors Champeaux (petits champs), pour y établir un vaste marché destiné à l'alimentation de toute la ville. Le grand nombre de paysans qui le fréquentait y attira bientôt une foule de corps de métiers, tels que changeurs, merciers, drapiers, etc., pour lesquels Philippe-Auguste fit construire, en 1180, des halles particulières.

Entrée sur l'Impasse Mazagran du
nouveau Marché Bonne-Nouvelle.

Sous Henri II, en 1553, et sur les terrains occupés par ces halles, furent percées les rues qui, sous les dénominations de rues de la Tonnellerie, de la Cordonnerie, de la Friperie, de la Poterie, etc., qu'elles ont conservées, attestent aujourd'hui que toutes ces professions s'exerçaient alors exclusivement sur cet emplacement.

L'agrandissement de Paris, depuis cette époque jusqu'à la révolution de 1789, n'apporta pas de notables changements aux habitudes des Parisiens, et c'était toujours à la grande Italie, ou marché des Innocents, que tous les quartiers de la ville venaient s'approvisionner.

Le gouvernement impérial sentit tous les inconvénients d'une semblable centralisation, et il fit en conséquence commencer et terminer plusieurs des grands marchés, qui existent aujourd'hui. Le marché Saint-Honoré, élevé sur l'emplacement du cloître des Jacobins, date de l'année 1810; le marché Saint-Germain, commencé sous l'Empire et fini en 1816, sous la Restauration, a remplacé les loges de l'ancienne foire Saint-Germain, établies en 1786; le marché Saint-Martin, commencé le 15 août 1811, occupe les terrains dépendants de l'ancienne abbaye placée sous l'invocation de ce saint.

Quelques marchés de Paris sont exploités par des compagnies particulières qui paient à la ville des redevances annuelles; tel est le marché Saint-Joseph, que ses emménagements restreints et peu aérés n'empêchent pas d'être très-achalandé et de produire des bénéfices considérables.

Vue intérieure du nouveau Marché Bonne-Nouvelle.