M. TOUCHARD.--On ne lardera pas à le connaître. Les trois complices ne se doutent de rien; le procureur du roi pourra les interroger avant qu'ils se soient concertés.

M. RONDIN.--Le procureur du roi n'interrogera personne, c'est moi qui vous le dis!

M. TOUCHARD.--Monsieur Rondin, dans les circonstances présentes, entraver le cours de la justice serait une imprudence, une grave imprudence!... pas pour moi!...

M. RONDIN.--A la bonne heure!... Vous me comprenez dans votre accusation, et je suis en droit de me justifier par tous les moyens possibles.

M. TOUCHARD.--Je ne demande pas mieux.

M. RONDIN.--Et pour commencer, je veux avoir un entretien avec madame Touchard.

M. TOUCHARD.--Eh bien! j'y consens. (à part.) Je serai là, dans ce cabinet; je ne perdrai pas un mot, pas un signe.

M. RONDIN.--La voici; laissez-nous seuls.

M. TOUCHARD.--Je vais me promener sur la place Royale.

M. RONDIN,--à part.--Je parie qu'il reste. (Touchard feint de sortir et se glisse dans le cabinet. Rondin l'a observé du coin de l'œil.) Juste! Qu'ai-je dit?