Luther et l'Atelier de Rembrandt, de M. Robert-Fleury, sont terminés; il travaille à une grande, page historique, Marino Faliero descendant l'escalier des Géants pour aller à la mort. Mais M. Robert-Fleury, lors de notre visite, était encore indécis, il ne savait s'il exposerait; espérons que sa résolution a été pour l'affirmative. M. Henri Scheffer, depuis longtemps souffrant, n'a peut-être pas encore achevé son Arrestation de madame Roland, pendant tout naturel de sa Charlotte Corday. M. Couture expose l'Amour de l'or, un conte de La Fontaine, et de beaux portraits. M. Chassériau envoie un grand tableau religieux; M. Hippolyte Flandrin, tout entier à ses travaux de Saint-Germain-des-Prés, se repose en travaillant pour la postérité; M. Henri Lehmann est dans les mêmes conditions, pour ses travaux à Saint-Merry: il a peint néanmoins le portrait de madame la princesse de Belgiojoso; M. Louis Boulanger verra peut-être recevoir par le jury, qui lui refusa l'année dernière sa Mort de Messaline, une belle Mère de douleur; M. Gigoux a achevé une immense toile historique, le Baptême du Christ; M. Couder en a achevé une plus grande encore où se remarquent, dit-on, des milliers de personnages, plus qu'il ne s'en trouvait dans ses États Généraux; M. Maux, en proie à une douleur paternelle, n'a pu mettre la dernière main à sa Lecture du Testament de Louis XIV: rien ne nous est connu de l'exposition de M. Léon Cogniet, dont le Tintoret eut un succès si durable l'année dernière; M. Hesse envoie la Lutte de Jacob avec l'Ange; MM. Papety, Deraisne, Guichard, Granet, etc., etc., ne manqueront pas à l'appel, et marcheront à la tête de la peinture historique.
M. Charlet.
Le genre aura aussi de glorieux représentants. M. Tony Johannot expose une Geneviève, la plus délicieuse création de George Sand: M. Fortin a d'admirables Bretons: M. Eugène Lepoittevin a de charmantes petite toiles; M. Adolphe Leleux envoie des Cantonniers navarrais et des Paysans picards: son exposition serait plus complète s'il avait eu le temps de parachever son Marché béarnais et ses Faneuses bretonnes, que nous verrons en 1845, sans perdre pour attendre. Son frère, M. Armand Leleux, expose des Laveuses à la fontaine M Guillemin a trois tableaux, parmi lesquels Dieu et le Roi et la Consultation du Médecin. Cette fois, on ne dira pas le joyeux, mais bien le sentimental Guillemin.
Nous en passons, et des meilleurs.
Nous étions essoufflé à monter le grand nombre d'escaliers qui conduisent aux ateliers de ces messieurs. Le lecteur ne voudrait certes pas nous suivre, même à la simple lecture, si nous écrivions ainsi longtemps les noms des exposants. Qu'il nous pardonne, cependant, le chapitre des mystères n'en est pas encore à sa fin.
Il y a un certain Incendie de Sodome, de M. Corot, qui fut refusé en 1843 par le jury, et qui sera sans doute reçu en 1844.--Il est vrai, diront les juges, que M. Corot a travaillé de nouveau pour mériter cette insigne faveur.
M. Cabat fera sans doute faute: mais M. Marilhat possède une série de tableaux tous plus ravissants les uns que les autres, et M. Aligny a rapporté de son voyage en Grèce plusieurs vues qui escorteront son Samaritain; mais M. Gaspard Lacroix a un admirable paysage; M. Paul Flandrin a peint les Bords du Rhône. Tiroli et des femmes à la fontaine: M. Achard est encore en progrès sur sa dernière exposition, déjà si remarquable; M. Français a terminé son tableau de Bougival; M. Desgoffes ne manquera pas de produire de l'effet, et M. Marandon de Montiel a envoyé trois paysages.
C'est demain le dernier jour.